Tunis : l’Utica dresse un tableau sombre

Photo de la conférence

Suite à la réunion de son Bureau exécutif, l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat  ( Utica ) a tenu, cet après-midi un briefing de presse, présidé par sa présidente Wided Bouchamaoui, en  présence de présidents des commissions des affaires économiques, affaires sociales, du transport…, ainsi que les représentants de la presse nationale. Avant de présenter les grands axes de la réunion du BE, la présidente de la Centrale patronale a condamné fermement la dernière attaque terroriste du Djebel Chaambi la qualifiant d’«abominable».

Elle a présenté, par la même occasion, les condoléances de l’Utica aux familles des martyrs et à  l’Armée nationale. Elle a tenu à appeler, dans ce sens, tous les Tunisiens à s’unir et à redoubler d’efforts pour combattre le fléau du terrorisme, qui est complètement étranger à la Tunisie.

Mme Bouchamaoui a condamné, aussi, le phénomène du commerce parallèle et de la contrebande qui, selon ses dires, affecte non seulement l’économie et les entreprises tunisiennes mais également la santé du consommateur, sans parler du régime fiscal en ecourageant l’évasion fiscale.

A cet égard, elle n’a pas manqué de rappeler que depuis la révolution du 14 janvier, aucune décision courageuse pour contrecarrer ce phénomène, notamment au poste frontalier de Ras Jedir et au Port de Radès, n’a pas été prise.  Faute de volonté politique. Alors  que l’Utica n’a eu de cesse d’exprimer la nécessité d’éradiquer ce fléau.

Quant aux prochaines élections, Wided Bouchamaoui a estimé  que la prolongation des délais d’inscriptions, en marge de la réunion du dialogue national,  s’impose vu le nombre exigu des électeurs inscrits à ce jour.

Avant de céder la parole aux membres du BE, la présidente a souligné que les difficultés que connaît la Tunisie résultent des problèmes économiques, à savoir la baisse notable de tous les indicateurs, notamment au niveau des exportations, de la croissance, des investissements, de  la dévaluation du dinar et de l’aggravation du taux d’inflation, ainsi que des problèmes endémiques que connaît le Port de Radès.

De ce fait, il faut, selon Mme Bouchamaoui, multiplier les efforts et avoir le courage de trouver urgemment des solutions pour booster l’investissement et redorer l’image de la Tunisie.

Pour sa part, Nafaâ Ennaïfer, président de la commission des affaires économiques, il a mis l’accent sur la dévaluation du dinar tunisien, notamment dans cette période  (2.3250 face à l’euro à ce jour).

Cette dégradation peut, d’après M. Ennaïfer, aggraver tous les indicateurs économiques… entre autres, une inflation galopante. Ces effets néfastes touchent directement les entreprises tunisiennes et le taux d’investissement.  Par conséquent, “l’avenir est en danger “.

Le responsable a indiqué que l’Utica comptait sur le  Gouvernement Jomaa pour booster l’investissement, mais malheureusement, pas de décisions concrètes n’ont été prises dans ce sens à ce jour.

 Port de Radès : des solutions urgentes s’imposent

Concernant les problèmes que connaît le Port de Rades depuis la révolution tunisienne, Nabgha Salem, président de la Fédération du transport au sein de l’Utica, a fait savoir que ces problèmes qui s’aggravent  de plus en plus coûtent à l’Etat tunisien une perte annuelle estimée à 80 millions de dinars.

Le gouvernement doit, selon lui, trouver immédiatement des solutions et accélérer la prise des décisions pour rendre ce port plus compétitif.

A noter que l’Utica a mis en place, en collaboration avec le ministère du Transport, un plan d’action, en attendant la volonté politique pour l’application.

Au plan social, Khalil Ghariani, président de la commission des affaires sociales, a appelé à l’instauration d’une trêve sociale et politique et à faire régner un climat social sain, vu l’augmentation du nombre des grèves et des revendications, depuis la révolution à ce jour, qui ne peuvent qu’aggraver la situation du pays et dégénérer en autant de journées de travail perdues (36%).

Dans ce cadre, M. Ghariani a accusé l’UGTT pour son double langage, notamment au niveau des négociations sociales, que selon la convention collective ne devraient avoir lieu que tous les deux ans.  Or, le syndicat des travailleurs y a recours tous les ans pour satisfaire les revendications.

En effet, le responsable a appelé l’UGTT et le gouvernement à  miser sur la valeur du travail,  l’amélioration de la productivité, à éviter l’absentéisme qui est en croissance de 12%, soit 4 fois plus que l’Europe, ainsi qu’à prendre des décisions immédiates pour voir le bout du tunnel.

En conclusion, Mme Bouchamaoui a déclaré que l’Utica s’engage, à partir d’aujourd’hui, de ne plus cacher la vérité au peuple tunisien, même si elle sera amère,  et de faire face aux problèmes qui touchent l’intérêt de la Tunisie

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