Jomaa à Tagesspiegel : « Pour une situation politique stable, il faut une économie forte »

Dans une interview accordée hier, vendredi 20 juin, au quotidien allemand « Tagesspiegel », le chef du Gouvernement Mehdi Jomaa, au terme de sa visite officielle de deux jours en Allemagne, est revenu sur les menaces sécuritaires qui pèsent sur la Tunisie, en comparant notre pays à une maison dont la maison voisine est en flammes : « Cela signifie deux choses pour nous : d’une part, nous devons protéger notre maison et d’autre part, nous devons trouver un moyen pour essayer d’éteindre l’incendie de la maison voisine. La Tunisie a réussi pour ce qui est du premier point. Nous avons pu anéantir les bases des terroristes et nous les avons ainsi privés de la possibilité de s’installer dans notre pays. Toutefois en ce qui concerne la défense contre les menaces, tout le monde doit coopérer – l’Europe, l’Amérique du Nord, les pays du Proche-Orient. Nous sommes tous dans la même barque », a-t-il conclu.

 Interrogé sur l’« impression de stabilité » en Tunisie contrairement à ses voisins, Mehdi Jomaa a insisté sur les spécificités de la société tunisienne : «  Nous avons notre propre culture, nos propres traditions, notre propre système juridique et notre propre histoire. Et la société civile, qui est prête à agir en temps de crise, est forte. C’est ce qui s’est produit en 2011 », s’est-il réjoui.

 A la question de savoir si la nouvelle Constitution tunisienne jugée « progressiste » pouvait servir de  modèle pour d’autres pays, Mehdi Jomaa s’est montré réaliste : « Bien entendu, nous sommes fiers de notre Constitution. Mais nous sommes conscients du fait que ce n’est que la première étape sur la voie d’une démocratie solide. Pour une situation politique stable, il faut une économie forte afin que les jeunes en particulier aient une perspective d’avenir. C’est pour cette raison que nous avons urgemment besoin d’investissements, y compris de la part d’entreprises étrangères. Ceux qui s’engagent en Tunisie aident non seulement le pays et la jeune démocratie mais toute la région également. Si le modèle tunisien échoue, je ne sais pas qui ou quoi pourrait encore donner de l’espoir aux gens », a-t-il averti.

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