Tunisie – Présidentielle : le consensus est-il devenu le pain bénit des partis?

Après que la Commission de législation générale à l’Assemblée nationale constituante a entériné les dates des élections législatives et présidentielle proposées par l’ISIE, voici que le mouvement Ennahdha a choisi de tenir une conférence de presse, aujourd’hui 19 juin, à son siège, pour exposer sa position sur les élections.

La conférence s’est tenue en l’absence du leader du mouvement Rached Ghannouchi. Cependant qu’Ajmi Lourimi,  président du bureau de l’information d’Ennahdha, Ali Laarayedh, ex-chef du gouvernement et ancien ministre de l’Intérieur et Abdelhamid Jelassi, vice-président et coordinateur général étaient  bien présents.

Ali Laarayedh, sans détour, a annoncé la stratégie adoptée par son mouvement par rapport à l’élection et qui vise à choisir un candidat pour l’élection présidentielle dans le cadre du consensus : « Nous allons contacter les partis politiques et les organisations nationales afin de nous concerter et chercher le bon candidat qui bénéficie du soutien de toutes les parties prenantes », annonce-t-il avant  de préciser que son mouvement ne vise à écarter aucune personnalité ni aucun parti politique.

Pour l’ex-chef du gouvernement, peu importe que ce candidat soit indépendant ou partisan, « l’essentiel c’est qu’il remporte le soutien et l’accord des partis politiques et des organismes nationaux ». Pourquoi adopter cette démarche qui va à l’encontre de l’esprit des élections ?  Cette question a été posée à plusieurs reprises lors de la conférence de presse par les journalistes qui  ont dû se contenter des mêmes réponses évasives ressassées par les trois responsables nahdhaouis.


Ali Laarayedh a avancé des arguments pour étayer la proposition de son mouvement. D’après lui, les changements politiques dans les pays du printemps arabe et la situation sécuritaire dans les pays voisins imposent à la scène politique le consensus. Il a ensuite ajouté que cette démarche annulera tout risque de monopolisation et de confrontation idéologique entre les différents partis politiques. « En cette période, nous avons besoin d’union et non de désunion. Prenons soin de notre pays », déclare-t-il, avant d’ajouter que ce consensus ne lésera pas les élections en aucun cas mais ne fera que les renforcer. Aucune condition n’est fixée au préalable, car cette proposition est à discuter et à enrichir par tous les intéressés, fait-il savoir aux journalistes.

Par ailleurs, il s’est montré confiant quant au fait que des élections naîtra un parlement pluraliste. Revenant sur la composition du prochain gouvernement, il a affirmé que le mouvement d’Ennahdha opte pour un gouvernement d’union nationale ou un gouvernement de coalition nationale.

De son côté, Abdelhamid Jelassi n’a pas manqué de présenter un autre argument en faveur du choix de son mouvement, à savoir que les cinq prochaines années en Tunisie seront une période de reconstruction, ce qui nécessite un minimum de consensus et d’approche participative. « Nous avons réussi en décembre dernier à choisir le chef du gouvernement dans le cadre du dialogue et du consensus », rappelle-t-il.

Pour Ajmi Lourimi, la polarisation idéologique et politique demeure un péril et pourrait engendrer une dispersion voire la division des Tunisiens. Dans ce sens, il a cité l’exemple d’un président qui remporterait l’élection avec 51% des suffrages exprimés contre 49% des voix à son concurrent. Pour lui ce résultat susciterait la polémique voire le doute.

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