Exportations : la face cachée des chiffres publiés

Les derniers chiffres sur les exportations tunisiennes du mois de janvier 2014  perpétuent le trend difficile de  l’année 2013 puisque les importations  se sont encore accrues alors que les exportations sont restées à un niveau faible enregistrant, au passage, un inquiétant surplace. Exprimées en dinar courant, les exportations ont atteint 2196 millions de dinars alors que les importations ont dépassé les 3 milliards de dinars (3059 millions de dinars exactement), ce qui fait plonger encore plus le déficit commercial qui augmente de 862 millions de dinars alors qu’en janvier 2013, la baisse  était de 770 millions de dinars. Le taux de couverture se trouve ramené à  71,8% contre 74% en janvier 2013. Ce n’est là que la partie comparative apparente des chiffres exprimés en monnaie locale. Converties en devises, les performances à l’export  sont encore plus mauvaises puisque sur l’année 2013, le dinar a perdu 8% vis-à-vis de l’euro et 5% par rapport au dollar.

Ce qui impactera encore plus le taux de couverture qui se trouve touché par une baisse du dinar au niveau de ses deux composantes.  Le contraste est encore plus frappant dans le régime on-shore, qui représente la majorité du commerce extérieur du pays avec une baisse des exportations de 11% et une augmentation des importations  de 3,8%. Le régime offshore a, lui, réalisé de bonnes performances avec 11%  de plus au niveau des exportations et 1,5% de plus pour les importations, ce qui a permis de limiter un tant soit peu l’impact global.

Même constat de différence apparente sur les chiffres du tourisme où on constate une augmentation des recettes de 1,3% par rapport à janvier 2013 avec la même omission de relever ce qu’a perdu  le dinar en valeur  par rapport à l’euro, ce qui donne des recettes en devises en baisse alors que les recettes en dinars sont,elles, en hausse.

Ainsi donc, les chiffres avancés méritent une meilleure analyse et une lecture économique adéquate pour donner une vraie image de la situation et arrêter des actions réelles pour  faire évoluer les choses. A commencer par les chiffres à l’export sur les agrumes dont la présentation s’est limitée à parler des quantités exportées qui ont évolué de 38% passant de 3741 tonnes à 5170 tonnes. Nous aurions aimé connaître les recettes liées à cette évolution importante.

 

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