A quand la fin du coût du non-Maghreb?

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L’expert en relations internationales et études stratégiques, Mahjoub Lotfi Belhédi, a présenté une intervention qui porte sur le rôle des villes maghrébines pour restreindre le coût du non-Maghreb, aujourd’hui, 25 septembre, dans le cadre de la Conférence internationale « Partenariat Public-Privé : pour des villes maghrébines globales et solidaires », qui se tient actuellement à l’Hôtel de Ville de Tunis.

Lors de son intervention, Mahjoub Lotfi Belhédi a indiqué que les pays du Maghreb se trouvent devant des pertes incommensurables à cause du non-Maghreb. Pour lui, il ne faut pas se contenter des rapports officiels des  gouvernements maghrébins qui limitent les pertes du non-Maghreb au niveau économique. Il existe deux types de coûts: un coût direct qui consiste au grand dommage économique qui a atteint tous les secteurs économiques sans exception (santé, éducation, infrastructure etc.) et un autre coût relatif à la faiblesse des pays maghrébins quand il s’agit de négocier avec l’Union européenne.

D’après l’intervenant, tous les rapports indiquent que le non Maghreb a causé la perte d’environ 1 à 3 points de croissance annuellement pour chaque pays maghrébin, soit plus que le taux de croissance de tous les pays maghrébins ensemble. 10 milliards de dollars annuellement d’après les mêmes estimations et des centaines de milliers de poste d’emplois disparus. «Ces montant perdus auraient pu être investi dans un port en eaux profondes dans chaque pays maghrébin et un chemin de fer très développé pour désenclaver les régions maghrébines lointaines », dit-il.

Par ailleurs, il existe un coût inestimable du non-Maghreb étant donné que le citoyen maghrébin vit une période de grand doute sur la possibilité du début de la construction maghrébine. Face à cette situation, l’expert considère que les pays des Maghreb doivent modifier leurs politiques communes. Il existe aussi un autre coût, cause de faiblesse, puisque chaque pays maghrébin négocie d’une manière  individualiste avec le partenaire européen sur l’Aleca. «Nous savons parfaitement qu’un certain nombre de pays maghrébin mène des négociations avec l’Union européenne sur l’Aleca. Cela a engendré un déséquilibre des forces des pays négociateurs étant donné que chacun négocie de son coté sans pour autant négocier  d’une façon collective» regrette-t-il.

Mais que faire face à cette situation ?

L’intervenant a plaidé pour une nouvelle carte sociétale des pays du Maghreb où la relation devient horizontale. Les villes maghrébines sont capables de jouer un rôle central et décisif dans la reconstruction maghrébine d’une façon horizontale, d’après lui. Cela se construit avec les institutions du Maghreb arabe comme le Conseil consultatif auprès de l’Union du Maghreb arabe. Cela pourrait se faire à travers le jumelage effectif entre les villes maghrébines et l’utilisation du partenariat public privé pour la réalisation d’une intégration économique. A cet instar, il a rappelé que le partenariat public privé au Maroc est un exemple à suivre sans complexe.

Ainsi le paysage maghrébin se trouve face à deux possibilités à savoir : faire échouer le programme de la reconstruction maghrébine commune et se diriger vers d’autres espaces internationaux  économiques, ou que les villes maghrébines arrivent à formuler un nouveau pacte maghrébin avec un esprit citoyen durable.

 

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Publié le 25/09/2017 à 16:13

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