Monia Saidi : l’engagement citoyen

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A chaque génération ses défis, ses combats, ses luttes et ses réalisations. Monia Saidi se mobilise pour une société civile entreprenante et réactive. Tel est à ses yeux, l’appel du devoir national.

Elle a été gâtée par la vie et privilégiée à la naissance. Qu’à cela ne tienne. Monia Saidi se fera par elle-même. Elle n’a pas besoin de béquilles familiales pour avancer. Elle a suffisamment de ressort pour s’auto-propulser.

Et elle a fait du chemin depuis le temps où elle s’activait comme jeune J-Dette au Centre des Jeunes Dirigeants*, une société savante du management des entreprises. Beaucoup d’entre eux sont des Happy few qui en voulaient, faisant chorus avec Hugues Aufray quand il tonnait  » Debout les gars, réveillez-vous, il va falloir en mettre un coup ». Le combat pour l’émancipation de la femme de la Tunisie de l’époque est antérieur à leur naissance. Mais Monia et ses camarades y font écho, à leur manière. Monia et ses camarades se battent pour l’excellence et pour l’émergence de l’économie tunisienne, naguère porteuse d’espoir et aujourd’hui malmenée par l’informel et la sous-productivité. Qu’importe Monia ne perd pas espoir. Hier au CJD, elle répandait la culture de l’entrepreneuriat auprès des jeunes. La réactivité, soutient-elle est le tribut dont est redevable notre génération en faveur de la communauté nationale. Et il faut que l’on s’en acquitte. Aujourd’hui, elle sillonne le monde avec la casquette de vice-présidente de la CONECT, cet alter UTICA, promu par Tarak Chérif et qui s’emploie à collecter les IDE à travers le monde pour le site Tunisie. La contre-performance de l’économie nationale est à ses yeux une péripétie d’infortune qui finira par se dissiper sitôt que l’Etat aura récupéré ses forces. Ce n’est qu’un épisode éprouvant mais la reprise est au bout du tunnel.

Première femme présidente du CJD

Quand elle s’est éveillée à la vie, Monia a connu une Tunisie où la femme avait déjà remporté les premières batailles et gagné, de haute lutte, son positionnement sur la scène nationale. Sa mère Leila Khayati, était présidente du Conseil mondial des femmes chefs d’entreprise. Le combat n’était pas fini pour autant à ses yeux. Il ne fallait pas baisser la garde et se reposer sur les acquis du passé. A chaque génération d’inventer ses propres défis et de dessiner les perspectives et les ambitions qui s’accordent avec les objectifs du pays. Elle s’activera pour accéder à la présidence du CJD* et sera ainsi la première femme à accéder à cette responsabilité dans le réseau CJD en dehors de l’Hexagone. Prenant son devoir en toute conscience, elle a fait avancer le champ d’intervention du CJD en lançant un rapprochement auprès des CJD des pays du Maghreb. Elle finira par les réunir à Tunis réussissant à les mettre en réseau avec une plateforme d’intervention commune et une base de données conjointe. Le maître mot de l’époque était l’effervescence sinon rien. Et Monia s’y est tenue. Mais bien au-delà de leur travail militant, les présidents du Centre faisaient le serment de ne jamais se représenter. Le slogan était  »Un mandat et puis s’en va » et cela était très mal vu par l’ancien régime qui se complaisait dans la  »Mounachada » pour la présidence à vie. Eux-mêmes y prenaient un malin plaisir, sans verser dans la provoc’ ouverte. Mais ils étaient bien conscients de leur coup et s’amusaient de la gêne qu’ils suscitaient autour du premier cercle de pouvoir. Ils s’acquittaient comme ils le pouvaient de leur part d’agitation d’idées et c’est tout à leur honneur.

Son engagement au sein de la CONECT

Elle a rejoint le collectif fondateur de la CONECT et elle y a apporté une part active. Et, ce n’est pas pour faire la chasse aux honneurs. Administrateur dans le groupe familial, Monia s’est trouvée face à la problématique du management des entreprises, toute jeune déjà. Tout le cogito entrepreneurial lui est familier. A la CONECT elle fait campagne à l’international pour la promotion du site Tunisie. A l’évidence elle n’a pas la partie facile. Mais son argumentaire ne manque pas de pertinence. Tôt ou tard le pays finira par se stabiliser et l’écosystème aura un blindage à toute épreuve. C’est la Tunisie qui a ouvert la voie de la compétition internationale pour le continent. Il est le premier pays à avoir signé un accord d’association avec l’UE, le premier à aller sur le marché international de la dette, le premier à gagner les galons de la compétitivité dans le rapport de Davos. La révolution l’a secoué sans l’ébranler. Pour avoir ouvert la voie au consensus politique, il finira par domestiquer l’informel et intégrer toutes les forces récalcitrantes dont l’évasion fiscale et la contrebande. Venir en Tunisie, c’est prendre un ticket pour le futur. Il n’y pas de doute, ça fait tilt.

*Centre des Jeunes Dirigeants, réseau de coordination entrepreneurial présent dans les pays francophones. En France, le CJD est allié au Medef et en Tunisie, il est partenaire de l’UTICA sans être une émanation de la Centrale patronale.

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Publié le 13/08/2017 à 08:56

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