Histoire de l’intelligentsia tunisienne, une vision réductrice

l’intelligentsia tunisienne

Heureuse initiative, une exposition, sur la plage de la Marsa, est consacrée à l’intelligentsia tunisienne.

Œuvre du Comité culturel de Tunis, elle présente les portraits des grands hommes de la pensée tunisienne (Ibn Khaldoun, Khéreiddine, Ben Dhiaf, Tahar Haddad) et des hommes de Lettres (d’Aboul Qacem Chabbi à Jaafar Mejid). On notera l’oubli de grands auteurs, tels que le dramaturge, écrivain, metteur en scène, acteur et scénariste tunisien, Samir Ayadi, le grand poète Ahmed Loghmani, ainsi que Salah Guermadi, l’auteur notamment de Al-lahma al-hayya (Chair vive, 1970), qui est écrit en dialecte tunisien, et de Nos ancêtres les Bédouins (1975) et j’en oublie, certes.

Notons cependant que ces portraits privilégient les hommes de lettres aux penseurs : Qabadou, autour de la Dibaja et Ali Douaji sont occultés, ainsi d’ailleurs que les membres du groupe de Taht as-Sour : Hédi Labidi et Abel-Aziz Laroui, le plus célèbre et populaire chroniqueur maghrébin et arabe.

Autre défection importante, la liste ignore les grands créateurs des beaux arts, les éminents dirigeants de l’école de Tunis (Yahya Turki, le père de la peinture tunisienne ainsi que Zoubeir Turki, Ali Ben Salem, Hatem Mekki, Abdel-Aziz Gorgi etc.), l’école du renouveau, illustré par Néjib Bel Khodja, le célèbre portraitiste Noureddine Khayachi et l’inclassable graveur Brahim Dhahak. Dans cet ordre d’idées, la liste ignore également les grands auteurs de la musique tunisienne Cheikh Al-Ifrit, Ahmed el-Wafi, considéré comme l’un des pionniers du renouveau de la musique tunisienne, les grands artistes de la Rachidiya, Khemaïs Tarnane et Mohamed Triki, entre autres, et l’ancien juge Salah Mehdi. L’école du théâtre est occultée, ignorant les grandes créations d’Ali Ben Ayed, puis de Moncef SouissI. La liste cite, à juste titre, Abdel Aziz Thaalbi mais ignore le grand leader Habib Bourguiba, initiateur Code du Statut Personnel et qui a affecté avec profit notre quotidien.

Sans occulter le mérite de cet essai, nous recommandons vivement sa révision, par la formation d’une commission multidisciplinaire, ayant une vision globale de la pensée tunisienne.

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Publié le 12/08/2017 à 09:23

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