Le projet de budget de l’État pour 2027 prévoit 11,846 milliards de dinars de dépenses de subvention, destinées principalement aux hydrocarbures et à l’électricité, aux produits de base et au transport. L’énergie concentre près de 60 % de cette enveloppe, devant les produits de base (34,1 %) et le transport (6,1 %).
Les dépenses de subvention prévues dans le projet de budget de l’État pour 2027 s’élèvent à 11,846 milliards de dinars, selon le rapport du projet de budget consulté par l’agence Tunis Afrique Presse (TAP). Ces prévisions tiennent compte de l’évolution des cours du pétrole et des prix des produits de base sur les marchés internationaux.
La répartition de cette enveloppe accorde la plus grande part aux subventions aux hydrocarbures et à l’électricité, qui représentent 59,8 % du total. Les produits de base absorbent 34,1 % des crédits. Tandis que le transport bénéficie de 6,1 %.
À fin août 2026, les dépenses de subvention avaient atteint 4,496 milliards de dinars, en hausse de 6 % sur un an, soit 255 millions de dinars supplémentaires par rapport à la même période de 2025. Le taux d’exécution s’établissait alors à 46 % des crédits prévus par la loi de finances pour 2026.
Plus de 7 milliards de dinars pour l’énergie
Les subventions aux hydrocarbures et à l’électricité devraient atteindre environ 7,090 milliards de dinars en 2027. Sur ce montant, 3,676 milliards de dinars seraient destinés à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), contre 3,414 milliards de dinars pour la Société tunisienne des industries de raffinage (STIR).
Ces prévisions reposent sur un prix moyen du baril de Brent fixé à 80 dollars, un taux de change du dollar stable et une progression de 2 % de la consommation nationale de produits pétroliers et d’électricité.
Le projet de budget intègre également le règlement partiel des arriérés de la STIR au titre des années 2022 et 2024, à hauteur de 320 millions de dinars, ainsi que celui des dettes de la STEG relatives à la période 2017-2023, pour un montant de 500 millions de dinars.
À titre de comparaison, les hypothèses retenues pour le budget 2026 tablaient sur un prix moyen du baril de Brent de 63,3 dollars, avec un taux de change du dinar tunisien stable par rapport aux principales devises.
Réduire les coûts et accélérer les projets d’énergies renouvelables
Pour mieux maîtriser les dépenses de subvention, le projet de budget prévoit de poursuivre les efforts visant à améliorer les performances de la STEG et de la STIR et à réduire leurs coûts de production.
Pour la STEG, cette démarche s’inscrit notamment dans la poursuite du programme d’action fondé sur le contrat d’objectifs couvrant la période 2025-2028. Les mesures annoncées portent sur le suivi des indicateurs de performance, la lutte contre les branchements et les usages illicites de l’électricité et du gaz, la réduction des pertes sur le réseau et l’amélioration du recouvrement des factures. Le contrôle des circuits de distribution des bouteilles de gaz destinées aux ménages doit également se poursuivre.
En parallèle, les pouvoirs publics entendent encourager davantage les investissements dans les énergies renouvelables et accélérer la réalisation des projets dans ce domaine. L’objectif est de renforcer les capacités de production, de diversifier le mix énergétique et d’alléger la pression sur le réseau électrique, notamment lors des pics de consommation, comme ceux enregistrés durant l’été 2026.
Le rapport estime le taux moyen de subvention à environ 29 % pour l’ensemble des produits. Pour les bouteilles de gaz à usage domestique, le taux atteint près de 75 %, le coût réel étant évalué à 35 dinars, contre un prix de vente au public de 8,8 dinars.
Les taux de subvention varient selon les produits et les catégories de consommation. Ils sont estimés à 15 % pour l’essence, 22 % pour le gasoil 50 et 23 % pour le gasoil ordinaire. Pour l’électricité, ils atteignent 18 % pour les clients raccordés aux réseaux haute et moyenne tension, contre 44 % pour les ménages raccordés au réseau basse tension.
S’agissant du gaz, le taux de subvention est évalué à 41 % pour les réseaux haute et moyenne pression et à 60 % pour les réseaux basse pression destinés aux ménages.
Plus de 4 milliards de dinars pour les produits alimentaires de base
Les crédits prévus pour la subvention des produits de base atteignent environ 4,036 milliards de dinars en 2027. Cette enveloppe vise à concilier l’amélioration de l’efficacité du système de subvention et la maîtrise de son coût avec le renforcement de la production agricole nationale et de la sécurité alimentaire.
Le projet prévoit, à cet effet, la poursuite des contrôles économiques et de la lutte contre les pratiques illégales, notamment la contrebande, la spéculation, l’utilisation abusive des produits subventionnés et le commerce parallèle.
La modernisation du système de gestion des produits subventionnés, le développement des outils de contrôle, en particulier numériques, ainsi que les campagnes de sensibilisation destinées à rationaliser la consommation et à limiter le gaspillage figurent également parmi les mesures annoncées.
Le renforcement de la production agricole nationale constitue un autre axe prioritaire. Il s’agit d’améliorer la capacité de l’offre locale à répondre aux besoins du marché, de réduire la dépendance aux importations et de consolider la sécurité alimentaire.
Le document prévoit aussi d’encourager les agriculteurs à investir dans des cultures mieux adaptées aux changements climatiques, tout en poursuivant les efforts d’amélioration des ressources hydriques et de rationalisation de leur utilisation face au stress hydrique.
Les subventions aux produits de base devraient représenter 34,1 % de l’ensemble des dépenses de subvention en 2027, contre 41,7 % attendus en 2026. Leur poids est estimé à 2 % du PIB, contre 2,2 % prévus pour l’année en cours.
720 millions de dinars pour le transport
Le projet de budget de l’État pour 2027 prévoit, enfin, une enveloppe de 720 millions de dinars pour les subventions au transport, contre 700 millions de dinars attendus en 2026.
Ces crédits sont destinés notamment au transport scolaire et universitaire, aux services de transport proposés à des tarifs réduits ainsi qu’à la gratuité du transport accordée à certaines catégories spécifiques de bénéficiaires, hors corps actifs.