La hausse des cours mondiaux du pétrole a permis à la Libye de compenser financièrement le recul de sa production en septembre, selon le rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
La production est passée de 1,38 million de barils par jour en août à 1,29 million en septembre, soit une baisse de 90 000 barils quotidiens. A noter au passage que que la Libye est exemptée des quotas de production de l’OPEP+.
L’AIE attribue ce recul à plusieurs incidents survenus en septembre qui ont affecté les infrastructures pétrolières. À la mi-septembre, la fermeture d’une vanne sur l’oléoduc reliant Hamada à Zawiya avait interrompu temporairement les opérations sur trois sites du sud-ouest du pays. Le 21 septembre, une autre fermeture avait touché l’oléoduc acheminant le brut du champ de Sharara, le plus important du pays, vers Zawiya. La Compagnie nationale de pétrole (NOC) avait alors évalué les pertes potentielles à 130 000 barils par jour.
La hausse des prix a atténué l’impact financier de cette baisse de production. Selon l’AIE, le prix moyen du Brent a atteint 116,89 dollars le baril en septembre, en hausse de 26,17 dollars par rapport au mois précédent, soit près de 29 % ; progression due à la reprise des hostilités au Moyen-Orient, à l’attaque contre l’oléoduc saoudien Est-Ouest le 11 septembre et à l’augmentation des coûts du transport maritime.
Dans ce contexte, les recettes pétrolières libyennes versées au compte souverain ont atteint 2,86 milliards de dollars en septembre, selon la NOC, soit une progression d’environ 12 % malgré la diminution des volumes produits. Cette évolution illustre la forte dépendance des finances publiques libyennes aux hydrocarbures. Elle souligne également les limites d’une amélioration des revenus reposant sur les prix internationaux plutôt que sur une augmentation durable de la production.