Pour Tunisie Valeurs, le repli de la Bourse de Tunis s’apparente davantage à une consolidation qu’à un retournement de tendance. Au 30 septembre 2026, ses portefeuilles types affichent une hausse de +60,3 % pour le conventionnel et de +43,8 % pour l’islamique.
La cote tunisienne corrige depuis la seconde quinzaine de juillet, après un rallye en début d’année. Dans sa note consacrée aux neuf premiers mois, Tunisie Valeurs y voit une phase de consolidation plutôt qu’un retournement. L’escalade des tensions géopolitiques et les mutations réglementaires dans le secteur bancaire, véritable pace-setter du marché des actions, ont toutefois accentué le mouvement.
L’intermédiaire en Bourse juge le marché toujours soutenu par une dynamique bénéficiaire solide. Après une hausse quasi généralisée, souligne-t-il, la cote entre dans une ère de sélectivité. L’optimisme du début d’année reposait sur une reprise quasi généralisée de l’activité pour la majorité des sociétés cotées et sur des vents macroéconomiques favorables. Il a cédé la place aux craintes des investisseurs, liées à la montée des tensions géopolitiques et au manque de visibilité économique.
Depuis janvier, une course à la performance anime la cote. Elle a donné lieu à des records de performance, de capitalisation boursière et de volumes échangés. Elle traduit la quête de nouvelles opportunités capables d’absorber la surliquidité qui caractérise le marché des actions depuis le début de l’année.
Des portefeuilles types élargis et ajustés
Tunisie Valeurs a élargi à huit reprises l’univers d’investissement de ses portefeuilles types, afin d’exploiter les meilleures opportunités du marché. Elle précise que la recherche durable de résultats ne s’arrête pas à cet élargissement : elle implique aussi une recomposition régulière des portefeuilles, à la lumière des réalisations opérationnelles et financières des sociétés cotées. Les résultats intermédiaires du S1 2026 constituent, à ses yeux, un rendez-vous incontournable pour réévaluer les convictions et procéder à des ajustements.
Les résultats de 2025 et du S1 2026 des valeurs incluses dans ces portefeuilles ont été très encourageants. Toutes les sociétés sélectionnées ou presque ont bien performé en Bourse, ce qui a permis d’atteindre les hausses citées plus haut. Dans le contexte actuel, des opportunités d’investissement peuvent se présenter. Le stock picking demeure le mot d’ordre, et une réévaluation continue des valeurs de conviction apparaît plus que jamais nécessaire.
Quatre axes d’investissement pour la fin de l’année
D’ici la fin de l’année, la stratégie préconisée s’articule autour de quatre thématiques. Les cash-cows sous-évaluées. Ces sociétés continuent d’investir dans la croissance malgré un contexte économique exigeant, grâce à leur force de frappe financière. Ce sont les plus à même de résister aux cycles de ralentissement économique. Elles offrent une relative protection contre la volatilité du marché, du fait de leur décorrélation relative avec ses fluctuations et de leur rémunération attractive en dividende. Tunisie Valeurs cite SFBT et DÉLICE HOLDING.
Les valeurs de croissance. Disposant notamment d’opportunités au-delà des frontières, elles sont en bonne posture pour battre le marché. L’intermédiaire recommande l’achat des titres ONE TECH HOLDING, UNIMED, MPBS, SOTETEL, TELNET HOLDING et SAM. Ces valeurs sont exposées à l’innovation (technologie, santé et transition énergétique) et méritent, de ce fait, une prime par rapport au marché.
Les blue chips financières. Poids lourds du marché des actions, elles sont à recommander ne serait-ce que dans une optique de réplication de l’indice de référence. Plusieurs facteurs appellent toutefois à plus de sélectivité : le rallye boursier des dernières années, une conjoncture économique exigeante, une fiscalité plus pesante et la baisse des taux. S’y ajoute une réglementation prudentielle plus assertive, avec la convergence vers Bâle III, la migration aux normes IFRS et la nouvelle circulaire de la BCT régissant les importations des produits non prioritaires. Tunisie Valeurs limite son choix à la BIAT, AMEN BANK, BT, STAR, ASSURANCES MAGHREBIA VIE, TUNISIE LEASING & FACTORING et CIL.
Les distributeurs résilients. Dans cette catégorie, l’intermédiaire sélectionne les actions MONOPRIX et SMART TUNISIE.
Les publications financières, prochain moteur d’arbitrages
Il est impossible de prédire les mouvements du marché d’ici la fin de l’année, reconnaît la note. Le TUNINDEX pourrait être « tiraillé » entre l’attractivité des valorisations atteintes par les actions cotées et le manque de visibilité qui continue de peser sur la conjoncture, tant internationale que nationale.
Le premier semestre est historiquement la période où l’indice réalise l’essentiel de sa performance annuelle, en raison de la richesse des informations publiées : arrêtés des comptes de l’exercice précédent, assemblées générales ordinaires, annonces de dividendes et communications financières des sociétés cotées. La saison des publications n’est pas terminée pour autant. Au second semestre, les investisseurs accorderont une attention particulière aux réalisations semestrielles et aux indicateurs d’activité du T3 2026. Ces derniers sont un indicateur précieux de la tendance de l’activité et un signal précurseur de la rentabilité sur l’ensemble de l’année. Ces résultats devraient, en toute logique, entraîner des arbitrages dans les portefeuilles.
Par prudence, Tunisie Valeurs recommande de porter une attention particulière aux risques liés à la structure des bilans, à la soutenabilité des marges, à la capacité de génération de cash-flows et à la volatilité des bénéfices futurs. La performance du marché devrait dépendre de plus en plus de la capacité des investisseurs à identifier les valeurs présentant les fondamentaux les plus solides et les meilleures perspectives.
Géopolitique, énergie et taux : des risques extérieurs
La question géopolitique demeure incontournable. En Europe, la situation reste tendue et les menaces russes pesant sur la sécurité des pays européens se multiplient. La Tunisie, économie ouverte, demeure exposée à l’évolution de la demande européenne, la zone euro constituant un débouché vital pour plusieurs de ses secteurs.
La situation au Moyen-Orient exige une surveillance étroite. Tout embrasement du conflit pourrait provoquer une flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, que la Tunisie importe. Une hausse prolongée des prix des hydrocarbures aurait un effet direct sur la facture énergétique du pays, ainsi que sur les coûts de production et de transport des entreprises.
La politique monétaire des principales banques centrales est un autre point de vigilance. Les pressions inflationnistes sont la conséquence directe du conflit armé en Iran et de l’offensive commerciale étatsunienne contre le reste du monde. Pour les juguler, les principales banques centrales ne ménageront aucun effort afin de resserrer la vis monétaire et de ramener l’inflation à son objectif de moyen terme, selon Tunisie Valeurs. La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) ont changé de « ton » en septembre 2026, avec une hausse de 25 points de base de leurs taux directeurs, le 16 septembre pour la Fed et le 10 pour la BCE. L’évolution de ces taux sera déterminante pour l’orientation des flux internationaux de capitaux. Elle pourrait influer sur les trajectoires du dollar américain et de l’euro sur les marchés des changes.
Septembre a par ailleurs été marqué par une hausse des taux souverains, sous l’effet de la persistance des tensions inflationnistes, avec un Brent demeurant au-dessus de 100 dollars le baril, et de la dérive des finances publiques dans plusieurs pays.