Le dollar s’est replié, les investisseurs attendant la publication des chiffres de l’inflation américaine de septembre, susceptibles d’influencer les prochaines décisions de la Réserve fédérale (Fed).
L’indice du dollar, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de grandes devises, a perdu 0,09 %, à 102,09 points, après un recul de 0,35 % mardi. L’euro a progressé de 0,09 %, à 1,1208 dollar, tandis que le yen s’est apprécié de 0,08 %, à 158,19 yens pour un dollar. La livre sterling a gagné 0,15 %, à 1,3272 dollar.
Les marchés attendent l’indice des prix à la consommation (IPC) de septembre, dont la publication est prévue mercredi. Les économistes anticipent une hausse mensuelle de 0,6 %, après une progression de 0,4 % en août. Sur un an, l’inflation pourrait atteindre 3,6 %, contre 3,4 % le mois précédent. Une inflation supérieure aux attentes, notamment dans sa composante sous-jacente, pourrait renforcer les anticipations d’un nouveau relèvement des taux et soutenir le dollar. À l’inverse, des chiffres moins élevés pourraient conforter les investisseurs qui privilégient une pause monétaire.
Les opérateurs suivront également la publication du Livre beige de la Fed, qui rassemble des informations sur la conjoncture économique américaine, ainsi que les interventions de plusieurs responsables de l’institution.
Les anticipations de taux évoluent
Les commentaires récents de responsables de la Fed ont contribué à atténuer les anticipations d’un resserrement immédiat. John Williams, président de la Fed de New York, prévoit encore une hausse des taux cette année, mais ne juge pas nécessaire, à ce stade, de nouvelles augmentations en 2027. Le gouverneur Christopher Waller a, de son côté, estimé que les anticipations d’inflation restaient bien ancrées. Selon les données de marché citées par Reuters, les investisseurs évaluent à environ 77 % la probabilité que la Fed maintienne ses taux inchangés lors de sa réunion des 27 et 28 octobre, contre 51 % un mois auparavant. Ils anticipent néanmoins un resserrement cumulé d’environ 75 points de base d’ici à la fin de 2027.
Le contexte international pèse sur les devises
Le repli du dollar intervient également après le recul des cours du pétrole et une réévaluation de l’attrait des actifs américains liés à l’intelligence artificielle. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent toutefois d’alimenter les incertitudes sur l’approvisionnement énergétique et les perspectives d’inflation. En Europe, l’euro a conservé ses gains malgré les inquiétudes liées aux finances publiques françaises et à la hausse des rendements obligataires. Les déclarations de la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, ont notamment écarté les attentes d’une intervention spécifique pour soutenir le marché obligataire français, en privilégiant un assainissement budgétaire.
L’évolution des principales devises dépendra désormais largement des données américaines et des indications fournies par la Fed. Un regain de l’inflation pourrait raviver les anticipations de hausse des taux, tandis qu’un ralentissement plus marqué offrirait au dollar un répit moins certain après sa récente progression.