À l’occasion de la quatrième édition de l’African ESG Summit, organisé par Managers, Gérard Sié Kambiré, Managing Partner d’ESG Sustainable Finance et expert ivoirien des risques climatiques, a appelé les entreprises exportatrices africaines à intégrer les risques climatiques et les nouvelles exigences environnementales européennes dans leur stratégie.
Rencontré lors de cet événement, Gérard Sié Kambiré souligne que la conformité à ces dispositifs constitue désormais une condition essentielle pour préserver l’accès au marché européen et renforcer la bancabilité des entreprises africaines. Il a souligné que les risques climatiques ne doivent plus être considérés comme des risques futurs ou exceptionnels, mais comme des facteurs à intégrer dans la gestion globale des entreprises.
En Côte d’Ivoire, comme en Tunisie, les cadres prudentiels spécifiques à la gestion des risques climatiques restent encore en développement. La BCEAO participe toutefois aux initiatives internationales visant à encourager les banques centrales à intégrer les stress tests climatiques et les risques environnementaux dans la supervision du secteur financier.
“Les risques traditionnels reposent principalement sur des données historiques. Aujourd’hui, les entreprises doivent également travailler sur des trajectoires et des scénarios plausibles afin d’anticiper les conséquences du changement climatique”, nous a-t-il expliqué.
Pour accompagner cette transition, Gérard Sié Kambiré estime que les gouvernements doivent accorder une attention particulière aux PME, qui sont les plus vulnérables, mais disposent rarement des ressources nécessaires pour recruter des spécialistes ou mettre en place des départements dédiés à la gestion des risques. Il préconise la mobilisation de fonds concessionnels et de mécanismes internationaux de financement climatique afin d’aider ces entreprises à renforcer leurs capacités.
Il insiste également sur la nécessité de faire de la gestion des risques une véritable culture d’entreprise. Celle-ci doit être intégrée à l’ensemble des processus internes, depuis la première ligne de défense jusqu’aux fonctions de contrôle et d’audit, y compris dans les PME qui ne disposent pas nécessairement d’une structure formelle de gestion des risques.
Évoquant sa participation à la quatrième édition de l’African ESG Summit, il a salué la qualité de l’organisation, le dynamisme des échanges et l’engagement collectif des participants en faveur d’une transformation durable des économies africaines.
« J’ai été marqué par l’énergie collective et par la volonté de promouvoir un modèle d’exportation durable. Je souhaite m’inspirer de cette expérience dans le cadre du Sommet de la finance durable d’Abidjan, prévu en mars 2027 « , a-t-il déclaré.
Pour la prochaine édition, Gérard Sié Kambiré recommande d’élargir la participation à d’autres pays africains, notamment le Togo et le Ghana, afin de faire de la Tunisie un véritable hub africain de l’ESG. Il a également insisté sur l’importance de renforcer la participation des femmes, qu’il considère comme des actrices essentielles de la transformation économique du continent.