Les pays arabes doivent opérer un changement de paradigme budgétaire pour passer d’une simple comptabilité des dépenses à une gestion axée sur la performance, les résultats et l’impact. Ce constat a été dressé lors de l’ouverture du 4ᵉ Forum financier arabe, organisé les 6 et 7 octobre à Tunis sur le thème : « Flexibilité financière et durabilité : concevoir des budgets flexibles et axés sur la valeur ».
Réunissant le ministère tunisien des Finances, le gouvernement de Sharjah et l’Organisation arabe pour le développement administratif (OADA), cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Prix de Sharjah pour les finances publiques. Elle vise à renforcer la résilience des États face à un contexte international sous pression (tensions géopolitiques, coût élevé du financement, chocs climatiques et transition numérique), rapporte la TAP.
Zouhair Atallah, chef de cabinet de la ministre tunisienne des Finances, a souligné que la matrice budgétaire doit être perçue comme un outil stratégique de gestion des risques. Il a insisté sur deux leviers essentiels : la flexibilité financière, pour réagir aux urgences et la durabilité, pour honorer les engagements de l’État (dette, protection sociale, énergie). Il a rappelé que les réformes en Tunisie visent la redevabilité et la transparence pour réorienter les ressources vers les secteurs à forte valeur ajoutée.
Pour sa part, le directeur général de l’OADA, Nasser Al-Hatlan Al-Qahtani, a plaidé pour l’abandon des modèles rigides au profit de solutions adaptées à chaque structure économique. Pour ce faire, il préconise entre autres l’intégration des données prospectives et de l’intelligence artificielle dans les décisions financières ; l’application du principe d’efficacité de la dépense (« valeur de l’argent ») ; et le renforcement de la confiance citoyenne grâce à une gouvernance équitable et transparente, ajoute la même source.
Après l’édition 2025 organisée à Tanger au Maroc, cette étape tunisienne consolide la coopération interarabe pour moderniser la gestion des ressources publiques.