Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, vient d’annoncer la tenue d’élections législatives anticipées le dimanche 29 novembre, trois jours après le rejet par le Parlement des mesures de son gouvernement pour répondre à la crise du logement. Un Conseil des ministres extraordinaire doit se réunir dès ce matin pour dissoudre les chambres.
Dans une allocution solennelle depuis le palais de la Moncloa, le dirigeant socialiste a appelé les Espagnols à lui donner « une majorité bien plus large, progressiste », afin de mener les réformes en suspens, de « faire plier les élites » et de poursuivre la transformation du pays. Le scrutin était initialement prévu à la mi-2027, selon RFI.
Le revers de vendredi 2 octobre a ravivé les doutes sur la capacité du gouvernement minoritaire de Pedro Sanchez à se maintenir jusqu’à l’échéance normale de la législature. Au pouvoir depuis huit ans, le chef du gouvernement est par ailleurs fragilisé par des scandales de corruption touchant son entourage proche, dont son épouse et son frère, ainsi que des collaborateurs clés du Parti socialiste.
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Les sondages les plus récents placent le Parti populaire (PP), principale formation conservatrice d’opposition, devant les socialistes. Le PP réclamait régulièrement des élections anticipées depuis plusieurs mois. Eh bien, c’est maintenant chose faite. Mais malin qui saura prédire avec certitude le prochain vainqueur de ces élections.
Pour revenir à la crise du logement, celle-ci s’est brutalement aggravée ces dernières semaines avec l’expulsion à Madrid de Maricarmen Abascal, 87 ans, devenue un symbole. Contrainte de quitter l’appartement où elle vivait depuis sept décennies après son rachat par une société d’investissement qui voulait augmenter son loyer de 275 %, elle a déclenché une vague de manifestations et l’installation d’un campement de militants en plein cœur de la capitale. Samedi, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Madrid et dans plusieurs autres grandes villes du pays pour réclamer un “logement digne“.
Comme dans de nombreux pays européens, la pénurie de logements abordables est l’un des principaux problèmes sociaux de l’Espagne. Les plateformes de location touristique, comme Airbnb, et les fonds d’investissement sont accusés de faire flamber les prix en rachetant des biens et en réduisant l’offre pour les résidents.
Par ailleurs et sur le plan international, si Pedro Sanchez perdait ces élections, ce serait un coup dur pour les Palestiniens et les Iraniens et par ricochet une bonne nouvelle pour Donald Trump et les Israéliens. Mais on n’en est pas là.