À Sidi Bou Saïd, les travaux d’envergure promis pour septembre ne sont toujours pas engagés. Le député Maher Ketari, président de la Commission des finances à l’Assemblée, y voit l’illustration d’un problème plus large : celui d’un aménagement urbain resté figé face à une urbanisation galopante et à des réseaux d’évacuation dépassés.
C’est un constat sans détour qu’a livré Maher Ketari, vendredi 18 septembre 2026, sur les ondes de Jawhara FM. Pour le président de la Commission des finances à l’Assemblée, les dégâts causés par les récentes pluies ne relèvent pas du seul aléa climatique : ils révèlent des carences accumulées dans les infrastructures, la planification urbaine et la gestion des constructions illégales.
Le cas de Sidi Bou Saïd illustre, selon lui, cette inertie. Des réunions s’étaient tenues en mai puis en juin, au cours desquelles l’engagement avait été pris de démarrer les grands travaux dès le mois de septembre. Cet engagement n’a pas été tenu. « Les grands travaux n’ont pas commencé », a-t-il affirmé, ne recensant que quelques interventions limitées, réalisées près du parking et sur certains secteurs touchés par des glissements de terrain. D’autres zones jugées sensibles, dont les versants de la colline, restent concernées.
Au-delà de ce cas précis, Maher Ketari refuse de réduire les inondations à la seule intensité des précipitations. Il met en avant une combinaison de facteurs : l’état des réseaux d’évacuation des eaux pluviales, leur insuffisance dans certaines zones, et l’urbanisation anarchique. Cette dernière, insiste-t-il, ne pose pas seulement une question esthétique ou foncière : elle perturbe les écoulements naturels et empêche les eaux de rejoindre les réseaux censés les absorber.
Il illustre son propos par l’évolution de certains quartiers, initialement calibrés pour une population donnée mais dont la densité s’est ensuite accrue sans que les infrastructures suivent ce rythme. La cité Ennasr, dans le Grand Tunis, en est un exemple : ses réseaux avaient été conçus à l’origine pour une population comprise entre 40 000 et 50 000 habitants, un chiffre largement dépassé depuis.
Pour Maher Ketari, la gestion des inondations reste trop souvent focalisée sur leurs conséquences plutôt que sur leurs causes profondes. Il évoque à cet égard les rencontres consacrées à l’aménagement urbain tenues dans le deuxième district, estimant que les échanges doivent désormais sortir du cadre habituel. « Nous sommes toujours dans l’ancien modèle », a-t-il regretté, plaidant pour une refonte de l’aménagement urbain tenant compte de la croissance démographique, de l’extension des villes et de la répétition des phénomènes météorologiques extrêmes. Il attribue enfin une part de responsabilité partagée à l’État, aux municipalités et aux différents départements concernés, pointant en particulier la difficulté persistante de faire exécuter les décisions de démolition visant des constructions illégales.