La Tunisie bénéficiera d’une pondération de 5,32 % dans le nouvel indice de JPMorgan consacré aux obligations souveraines des marchés frontières. La pondération maximale pour un seul pays est plafonnée à 8 %.
L’Égypte et le Maroc font également partie de l’indice qui regroupe 26 pays, avec près de 330 milliards de dollars d’obligations éligibles à l’inclusion.
Une opportunité…
Le Government Bond Index–Emerging Markets Edge (GBI-EM Edge) est conçu pour des marchés relativement moins accessibles situés en dehors de l’indice de référence principal de JPMorgan pour les marchés émergents. L’indice servira de référence aux gestionnaires d’actifs internationaux. Certains fonds cherchent à répliquer sa composition, tandis que d’autres l’utilisent comme benchmark pour comparer la performance de leurs propres portefeuilles.
La Tunisie a maintenu un taux directeur élevé pour lutter contre l’inflation. Cela a également maintenu des rendements élevés sur les obligations d’État. Pour un fonds étranger, l’opération peut sembler attrayante. Lever des fonds sur un marché où les taux d’intérêt sont plus bas, acheter des dinars puis investir dans des Bons du Trésor s’avère rentable. Si le dinar reste stable ou s’apprécie, l’investisseur bénéficie à la fois du taux d’intérêt élevé et de l’évolution de la monnaie. Bien évidemment, si le dinar recule, une partie de ce rendement disparaît lors de la conversion de l’investissement en dollars.
La trajectoire du dinar ces dernières années inspire confiance. D’ailleurs, lorsque les investisseurs entrent sur le marché de la dette locale, ils achètent des dinars soutenant de la sorte la monnaie nationale. Toutefois, et lors d’une sortie brutale, le processus fonctionne en sens inverse.
… ou un signal symbolique ?
La présence dans l’indice offre, théoriquement, une opportunité pour attirer de nouveaux acheteurs étrangers pour la dette libellée en dinar. Mais est-ce que la Tunisie est intéressée ? C’est une interrogation légitime du moment qu’actuellement, il n’y a pas de détenteurs étrangers pour notre dette souveraine libellée en dinar. Par contre, elle pourrait constituer un bon argument pour les Tunisiens résidents à l’étranger si les autorités veulent orienter une partie de leurs transferts vers la dette locale.
Une nouvelle demande pour les bons du Trésor ferait monter leurs prix et baisser leurs rendements, ce qui pourrait améliorer les conditions dans lesquelles le Trésor se finance sur le marché intérieur. Une base d’acheteurs plus large et plus diversifiée approfondirait également le marché secondaire et renforcerait la liquidité.
L’inclusion est un bon signe. Sans être certaine de la stabilité du dinar, de la capacité à maîtriser l’inflation et a assuré la soutenabilité de sa dette, JP Morgan n’aurait pas inclus la Tunisie dans son indice. Toutefois, sans une vraie volonté à diversifier les sources de financement, la Tunisie risque de figurer dans l’indice sans en tirer les bénéfices.