Le marché du travail américain donne des signes de ralentissement sans pour autant basculer dans une vague de licenciements. Aux États-Unis, les entreprises réduisent peu leurs effectifs, mais les recrutements restent également limités, dessinant une situation de « faible embauche, faible licenciement ».
Les données publiées jeudi 3 septembre par Challenger, Gray & Christmas indiquent que les entreprises américaines ont annoncé 529 914 suppressions de postes entre janvier et août 2026. Il s’agit du niveau le plus faible enregistré sur les huit premiers mois d’une année depuis 2022, lorsque la demande de main-d’œuvre demeurait encore particulièrement forte après la pandémie, aux États-Unis.
Dans le même temps, les projets d’embauche annoncés au cours des huit premiers mois de l’année ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 2023. Cette apparente contradiction traduit surtout la prudence des entreprises : elles prévoient de renforcer leurs effectifs, mais les postes ouverts ne sont pas pour autant pourvus rapidement.
Andy Challenger, responsable des revenus de Challenger, Gray & Christmas, souligne ainsi que les entreprises envisagent davantage de recrutements que l’année précédente, sans que ces intentions se traduisent par une accélération effective des embauches.
Une économie dans le régime du « low-hire, low-fire »
Les économistes décrivent de plus en plus le marché américain comme fonctionnant selon le modèle du « low-hire, low-fire » : les entreprises embauchent peu, mais procèdent également à relativement peu de licenciements. Cette configuration permet au marché du travail de conserver une certaine stabilité tout en révélant une prudence accrue des employeurs face aux perspectives économiques.
Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage ne signalent d’ailleurs pas, à ce stade, l’apparition d’une vague généralisée de suppressions d’emplois. Le rapport mensuel du gouvernement américain sur l’emploi, attendu ce vendredi, doit apporter un éclairage supplémentaire. Les estimations citées par Capital tablent sur un taux de chômage stable à 4,1 % en août.
L’intelligence artificielle n’est plus le premier motif en août
Les données de Challenger montrent également une évolution dans les motifs invoqués par les entreprises pour justifier leurs suppressions de postes. Pour la première fois depuis février, l’intelligence artificielle n’a pas constitué en août la principale raison avancée par les employeurs. Les restructurations d’entreprises sont passées au premier rang.
L’IA demeure néanmoins le principal facteur invoqué pour les suppressions de postes depuis le début de l’année. Son influence sur les décisions des entreprises en matière d’emploi reste donc importante, même si elle n’explique pas à elle seule le ralentissement du marché du travail.
Le tableau qui se dessine est celui d’un marché du travail américain davantage marqué par l’attentisme que par une véritable dégradation. Les entreprises ne procèdent pas à des licenciements massifs, mais elles restent prudentes dans leurs recrutements effectifs.
Cette situation constitue un indicateur important pour la Réserve fédérale, qui doit arbitrer entre les risques pesant sur l’emploi et ceux liés à l’inflation. Les prochaines données sur les créations d’emplois seront donc particulièrement scrutées pour déterminer si cette phase de paralysie relative constitue un simple ralentissement ou le prélude à une détérioration plus nette du marché du travail.