Meta plie et accepte de payer 17 milliards de dollars pour limiter l’usage d’Instagram et Facebook aux États-Unis. Une décision sans précédent, comparée au « Tobacco Settlement » de 1998, qui pourrait inspirer d’autres pays, dont la Tunisie.
Un accord historique aux États-Unis
Le 26 août 2026, Meta, la maison-mère de Facebook et Instagram, a conclu un accord avec 51 États et territoires américains mettant fin à des poursuites l’accusant d’avoir conçu des plateformes addictives pour les jeunes, au détriment de leur santé mentale. En vertu de cet accord, Meta devra verser jusqu’à 17 milliards de dollars (environ 14,6 milliards d’euros) et modifier en profondeur ses pratiques numériques aux États-Unis.
Selon la psychiatre Darja Djordjevic (Stanford), relayée par RFI, ces mesures, notamment le masquage des « likes », devraient réduire l’insécurité, l’anxiété et les dépressions liées à la validation sociale sur les réseaux. Elle insiste toutefois sur la nécessité de modérer l’algorithme pour adapter les contenus à l’âge des utilisateurs, une mesure que Meta refuse pour l’instant.
Cet accord historique, comparé au règlement imposé aux cigarettiers en 1998, marque un tournant dans la régulation des réseaux sociaux aux États-Unis au nom de la protection des adolescents.
La question que tout le monde se pose si c’est applicable en Tunisie? Une chose est sûre: l’addiction des adolescents aux réseaux sociaux est également au cœur des préoccupations. les risques liés à l’usage intensif des écrans chez les jeunes Tunisiens. Selon les derniers chiffres du ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors, près de 90% des enfants ont accès à un smartphone et 78% des moins de 13 ans seraient déjà présents sur les plateformes. Ainsi entre 15 et 20% des adolescents présenteraient une forme d’addiction aux réseaux sociaux, avec des impacts sur le sommeil, la concentration et l’estime de soi.
Vers une régulation mondiale ?
L’accord Meta–États américains pourrait servir de modèle pour d’autres pays, dont la Tunisie, où les débats sur la régulation des réseaux sociaux et la protection des mineurs sont de plus en plus pressants. Les mesures adoptées aux États-Unis, bien que limitées géographiquement, ouvrent la voie à une prise de conscience globale sur les dangers de l’addiction numérique chez les jeunes.