La Syrie et le Liban ont convenu, le 25 août 2026 à Damas, de relancer leur coopération dans le transport, notamment ferroviaire.
L’accord dépasse la seule question du transport entre les deux pays. Damas et Beyrouth souhaitent inscrire le futur réseau dans une logique de corridor régional, susceptible de faciliter les échanges entre la Méditerranée orientale, la Syrie, l’Irak, la Turquie et les pays du Golfe.
Le projet prévoit notamment d’étudier la liaison entre le port de Tripoli et le réseau ferroviaire syrien via la région d’Al-Aboudiya, puis vers Homs. L’objectif est de faciliter le transport des marchandises, de réduire les coûts logistiques et de renforcer le rôle des infrastructures libanaises dans les échanges régionaux.
La relance ferroviaire reste toutefois un chantier de longue haleine. Les deux gouvernements doivent d’abord déterminer les itinéraires, les points de raccordement, les procédures douanières et les conditions de circulation des trains.
La Syrie dispose encore d’un réseau ferroviaire de 2 552 kilomètres, mais seulement 1 052 kilomètres sont actuellement en exploitation. Une partie importante des infrastructures nécessite donc des travaux de réhabilitation.
Le pays cherche parallèlement à mobiliser des financements internationaux, notamment auprès de la Banque islamique de développement et de la Banque mondiale, afin de soutenir la modernisation de ses infrastructures de transport.
Tripoli veut retrouver un rôle logistique
Pour le Liban, le projet présente un intérêt particulier pour le port de Tripoli. Son raccordement au réseau ferroviaire syrien permettrait de faciliter l’acheminement des marchandises vers l’intérieur de la Syrie et, potentiellement, vers des marchés plus éloignés. Cette perspective pourrait également renforcer la position du port libanais comme point d’entrée méditerranéen d’un corridor commercial régional.
Les autorités des deux pays insistent toutefois sur le caractère progressif du projet. La première étape consiste à réaliser les études techniques et à définir les priorités. La reconstruction des infrastructures viendra ensuite, avant une éventuelle intervention d’investisseurs privés dans l’exploitation des lignes et des services ferroviaires.
En parallèle, les deux pays travaillent à la réhabilitation des routes et des ponts et prévoient la réouverture du poste-frontière d’Al-Arida dans les prochaines semaines, afin d’améliorer immédiatement les échanges terrestres.
La relance du rail apparaît ainsi comme un projet à la fois économique et géopolitique : pour Damas comme pour Beyrouth, il s’agit de reconstruire une infrastructure historique tout en repositionnant leurs territoires sur les futurs corridors commerciaux reliant la Méditerranée au Moyen-Orient.