À l’approche de chaque automne, le scénario est immuable. Le gouvernorat de Tunis a réuni jeudi 20 août la Commission régionale de prévention et de lutte contre les catastrophes sous la présidence du gouverneur Imed Boukhris. C’est ce qu’on lit dans un communiqué publié sur la page Facebook du gouvernorat.
Au programme : des promesses de curage, des annonces de contrôles et de grandiloquents « Plans Bleus », masquant à peine l’impuissance chronique des autorités face aux premières pluies qui menacent, cette année encore, de paralyser la capitale.
Alors que les artères tunisiennes se changent régulièrement en rivières navigables dès la moindre averse, la réponse institutionnelle continue de s’apparenter à une opération de communication sur les réseaux sociaux.
Curage et nettoyage tardifs : l’assainissement, l’équipement et les municipalités sont sommés d’accélérer en urgence le débouchement des canalisations et des oueds : des tâches d’entretien élémentaires qui devraient être pérennes et non exécutées à la hâte au seuil des intempéries.
Mise en cause du citoyen : tout en appelant à balayer les rues et à enlever les décombres de chantier, la stratégie pointe volontiers du doigt le civisme des usagers, évitant ainsi de questionner la vétusté structurelle et le sous-dimensionnement manifeste du réseau d’évacuation des eaux pluviales.
Empilement administratif : inventaires de moyens logistiques dérisoires, réunions de sous-commissions et exercices de simulation s’enchaînent sur le papier, sans pour autant rassurer les riverains des zones à risque traditionnellement délaissées.
L’actualisation annoncée des stocks de denrées et de couvertures sonne déjà comme un aveu d’échec anticipé : plutôt que d’investir massivement dans des infrastructures de drainage résilientes, la région s’apprête une fois de plus à gérer la crise en mode curatif. Alors les discours de rigueur martelés à la table de réunion suffiront-ils à rompre avec le cycle habituel des dégâts matériels et des voies d’eau submergées ? Le prochain coup de semonce météorologique apportera, très vite, une réponse tranchante.
Gardez en mémoire ces quelques lignes de leconomistemaghrebin.com