En quelques heures, deux femmes auraient été victimes d’une violence d’une extrême brutalité. Deux drames, deux vies brisées. Pour de nombreuses Tunisiennes, le danger peut surgir jusque dans l’espace censé les protéger. Face à cette succession de crimes, le silence n’est plus possible et l’inaction devient une responsabilité.
Le fait que les crimes visant les femmes se succèdent à un rythme aussi alarmant, avec une violence effroyable, un crime commis le 16 août dans le gouvernorat de Gabès, suivi d’un autre à Borj Touil le 17 août, constitue un véritable signal d’alarme. Cette situation exige une réflexion profonde et une prise de responsabilité sérieuse, aussi bien de la part de la société que des institutions judiciaires et de l’État.
Une violence familiale qui s’aggrave
Le fait que ces crimes soient commis dans des espaces supposés sûrs, notamment au sein du domicile conjugal, révèle l’ampleur de la crise de la violence familiale. Il ne s’agit plus de simples conflits passagers, mais d’actes d’une extrême brutalité, parfois prémédités, qui peuvent conduire au meurtre.
Une brutalité profondément inquiétante
Les modes opératoires rapportés dans ces affaires témoignent d’un degré de violence particulièrement préoccupant. Dans le crime de Borj Touil, la victime aurait reçu plus de quarante coups de couteau. Dans l’affaire de Meriem Amer, survenue dans le gouvernorat de Gabès le 16 août, des associations féministes ont évoqué des coups portés directement au niveau du cœur.
Ces éléments, qui devront naturellement être établis par l’enquête et la justice, traduisent une violence extrême et soulèvent des interrogations urgentes sur la haine, l’emprise et les mécanismes psychologiques qui peuvent conduire à de tels actes.
La loi n° 58 doit être appliquée
La répétition de ces drames montre que les dispositifs existants ne suffisent pas à prévenir les violences ni à protéger efficacement les femmes menacées. La loi organique n° 2017-58 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes ne doit pas rester un texte de référence : elle doit être pleinement appliquée, avec des moyens suffisants, une réponse rapide et une réelle protection des victimes et des survivantes.
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La protection ne peut intervenir seulement après le drame. Elle doit commencer dès les premiers signalements, les menaces, les agressions et les situations d’emprise. Cela suppose une coordination renforcée entre les forces de sécurité, la justice, les services sociaux, les structures de santé et les associations spécialisées.
Une responsabilité collective
La violence faite aux femmes ne relève pas de la sphère privée. Elle constitue une atteinte aux droits humains et une urgence nationale. L’État doit garantir l’application effective de la loi, tandis que la société doit rompre avec la banalisation des violences, le silence et la culpabilisation des victimes.
Chaque femme tuée est une vie qui aurait pu être protégée. Chaque menace ignorée peut devenir un drame. Face à cette tragédie, il est urgent d’agir avant qu’un nouveau féminicide ne soit ajouté à une liste déjà insupportable.
Et donc un message à tous: #StoppezLeFéminicide