Les cours du blé se sont nettement redressés lundi à Chicago, portés par les inquiétudes concernant la sécurité des transports et la régularité des exportations depuis la mer Noire. La Russie et l’Ukraine, poids lourds mondiaux du commerce des céréales, restent au cœur des tensions.
Les contrats à terme sur le blé américain ont poursuivi leur progression lundi 10 août, enregistrant une hausse allant jusqu’à 2,5 % à la Bourse de Chicago. Le mouvement est alimenté par les nouvelles inquiétudes entourant les exportations de céréales depuis la mer Noire. Cette zone constitue une voie d’approvisionnement majeure pour la Russie et l’Ukraine.
La multiplication des attaques visant des infrastructures liées aux exportations agricoles ainsi que des navires opérant dans la région fait craindre de nouvelles perturbations logistiques. Ces risques se sont accentués après la décision temporaire de la Turquie de suspendre la navigation de ses navires en mer Noire pour des raisons de sécurité. Ankara a également appelé à un « moratoire » sur les attaques dans la région.
Le mouvement profite particulièrement au blé américain « hard redwinter », dont le contrat de référence a progressé jusqu’à 2,7 %, à 7,5050 dollars le boisseau. Cette variété constitue un concurrent direct des blés à forte teneur en protéines exportés depuis la mer Noire et l’Europe.
La perturbation des flux ne signifie toutefois pas automatiquement une hausse immédiate des exportations américaines. Elle réduit surtout les volumes disponibles sur le marché mondial et complique l’équilibre entre l’offre et la demande. Les importateurs pourraient ainsi chercher à diversifier davantage leurs sources d’approvisionnement. Ce qui soutient les prix des variétés de qualité supérieure.
Pour les marchés céréaliers, le risque ne porte donc plus seulement sur le niveau de la production mondiale, mais également sur la capacité à acheminer les récoltes vers les marchés internationaux dans des conditions sûres.