Les coupures d’électricité répétées en Tunisie entraînent de lourdes pertes pour plusieurs filières agroalimentaires. Des élevages avicoles aux exploitations laitières, en passant par la pêche et la pâtisserie, les professionnels alertent sur les conséquences économiques de ces délestages prolongés et parfois imprévisibles.
Dans une exploitation avicole située à El Fahs, à une soixantaine de kilomètres de Tunis, plusieurs centaines de milliers de volailles auraient péri après l’arrêt des systèmes de ventilation et d’approvisionnement en eau provoqué par une coupure de courant. Selon un vétérinaire cité par l’AFP et repris par la chaîne BFM TV, les pertes financières pourraient atteindre entre 1,4 et 1,5 million de dinars, représentant environ 400 à 500 tonnes de viande perdues.
Le secteur laitier aurait également subi des pertes importantes. Un éleveur affirme avoir dû jeter environ 1 200 litres de lait, soit six jours de production, en raison de l’impossibilité de conserver et traiter correctement le produit durant les coupures.
Les impacts touchent aussi les activités liées au froid et à la conservation. Des artisans de la pâtisserie ont signalé des pertes de matières premières et des équipements endommagés, notamment des chambres froides, faute d’avoir pu anticiper les interruptions électriques.
La filière pêche n’est pas épargnée. La hausse du prix de la glace, nécessaire à la conservation du poisson, aurait contribué à une augmentation des prix sur les marchés. Le prix de certaines espèces, comme le maquereau, aurait notamment doublé selon des représentants du secteur cités par le média français.
Ces délestages interviennent dans un contexte de forte demande énergétique liée aux températures élevées et à l’utilisation accrue de la climatisation. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a expliqué que ces coupures tournantes visaient à éviter un effondrement généralisé du réseau électrique.
Mais pour les entreprises et les agriculteurs, l’absence de visibilité sur les horaires des coupures complique la mise en place de solutions de secours. Plusieurs professionnels réclament une meilleure anticipation et une communication plus précise afin de limiter les pertes.