Face à la multiplication des alertes sanitaires animales dans la région, les services vétérinaires tunisiens ont décidé de relever leur niveau de vigilance épidémiologique au maximum. Et ce,, dans une démarche préventive visant à protéger le cheptel national et à préserver la sécurité alimentaire.
Cette décision intervient alors que la situation sanitaire actuelle du cheptel tunisien demeure stable. L’objectif est toutefois d’anticiper les risques liés à l’apparition et à la propagation de maladies animales transfrontalières enregistrées à l’échelle régionale.
Une réunion de travail exceptionnelle, organisée récemment sous la supervision de la Direction générale des services vétérinaires, a permis aux représentants des structures régionales relevant des différents gouvernorats de se retrouver. Leurs travaux ont porté sur l’évaluation de la situation sanitaire du cheptel, l’examen du niveau de préparation des équipes de terrain et la définition d’un ensemble de mesures préventives.
Renforcement du dispositif de surveillance
À l’issue de cette réunion, la Direction générale des services vétérinaires a insisté sur la nécessité d’une mobilisation totale des ressources humaines et logistiques afin de renforcer la surveillance épidémiologique active, intensifier les opérations de contrôle sur le terrain et garantir une intervention rapide en cas de suspicion.
Les autorités vétérinaires ont également appelé au strict respect des mesures de biosécurité dans les élevages, considérant la protection du cheptel comme une « responsabilité nationale prioritaire ».
Parmi les mesures adoptées figure la constitution d’un stock stratégique de vaccins et la garantie de leur efficacité, notamment à travers le maintien de la chaîne du froid, un enjeu majeur dans un contexte marqué par des coupures électriques répétées.
Sécurisation des stocks de vaccins face aux coupures électriques
Les services concernés ont ainsi prévu un suivi permanent de l’état de fonctionnement des équipements de réfrigération ainsi que des sources d’énergie de secours, notamment les groupes électrogènes.
Des plans d’intervention régionaux d’urgence seront également élaborés sous la supervision directe des responsables des circonscriptions vétérinaires. Et ce, afin d’assurer la disponibilité et la préservation des vaccins dans les meilleures conditions et garantir la continuité des interventions sur le terrain.
La réunion a également abordé l’impact des températures élevées sur la santé animale. Les participants ont convenu d’adapter les interventions sanitaires et les campagnes de vaccination aux conditions climatiques. Tout en renforçant les actions de sensibilisation et d’accompagnement destinées aux éleveurs.
Il a par ailleurs été décidé de procéder à la revaccination des animaux reproducteurs dès la fin de la vague de chaleur, afin de consolider l’immunité préventive du cheptel.
Vers une mobilisation accrue du secteur vétérinaire privé
Dans le cadre du renforcement de la préparation nationale, la Direction générale des services vétérinaires a appelé les responsables régionaux à encourager les vétérinaires privés à participer activement à une session de formation prévue à la fin du mois de juillet.
Cette initiative vise à consolider la coopération entre les secteurs public et privé, à harmoniser les efforts et à améliorer la capacité de réponse face à toute éventuelle urgence sanitaire.
À l’issue des travaux, il a été décidé de maintenir l’ensemble des services vétérinaires en état d’alerte permanente. Et ce, afin de préserver les bons indicateurs sanitaires du cheptel national et de limiter les risques liés aux maladies animales émergentes dans la région.