Qui dit été dit saison touristique. La question qui se pose est: où en sommes-nous? Avons-nous atteint le nombre maximum pour les réservations d’hôtel malgré la fermeture de certains hôtels qui malheureusement faute de moyens, n’ont plus d’autres choix que de fermer.
Selon les experts du tourisme, pour cette saison touristique, les réservations ont enregistré un retard particulièrement important. Cela s’explique par un décalage sur les marchés européens traditionnels, laissant entendre en grande partie un climat d’incertitude qui a prévalu depuis le mois de février, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient.
Toutefois, à cause de conflit Moyen-Orient, de nombreux vacanciers ont différé leurs décisions. Les périodes habituelles de réservation, notamment en mars et en avril, n’ont pas joué leur rôle habituel, et beaucoup d’opérateurs s’attendaient à une forte vague de last minute qui, finalement, n’a pas été au rendez-vous. La saison s’ouvre donc sur des hôtels loin d’afficher complet, même si la situation varie fortement d’un établissement à l’autre.
Mais la question essentielle: est-ce que le last minute peut sauver la saison estivale dans le cas de la Tunisie? Quand on prend l’exemple des bons hôtels, ils restent souvent protégés par leur réputation, leur positionnement, pris en amont par les tour-opérateurs.
Ce qui fait que les tours opérateurs achètent des chambres sur la base du principe du plein pour vide, ce qui garantit une certaine occupation, avec ou sans client final. Contrairement aux établissements moins bien classés ou moins bien positionnés, qui eux, subissent davantage la pression de la concurrence. A savoir, des prix tirés vers le bas et, souvent, qualifiée d’une image dégradée qui finit par rejaillir sur l’ensemble de la destination.
Autre élément important, le problème du prix qui doit également être replacé dans son vrai contexte. Toujours pour le cas de la Tunisie, vendre plus cher peut aussi signifier mieux valoriser la destination et augmenter les recettes en devises. Pour les différents experts du secteur, cette hausse s’explique aussi par des facteurs objectifs : l’inflation, qui a déclenché le coût des denrées et des intrants utilisés par les hôtels, ainsi que les nouvelles charges fiscales introduites par la loi de finances 2025. Les professionnels ont dû répercuter une partie de ces coûts sur les tarifs, ce qui a mécaniquement poussé les prix à la hausse.
Sur le plan des perspectives, le mois de juillet reste malheureusement difficile, mais août et l’arrière-saison suscitent davantage d’optimisme.
Si on compare avec l’année dernière, la Tunisie avait connu une saison en dents de scie, avec un mois de juillet compliqué avant un bon rebond en août, septembre et octobre. Peut-on espérer que cette année le même résultat. Car au final tout n’est pas perdu. Mais une chose est sûre: si la destination reste attractive, une partie du retard peut encore être rattrapée dans les semaines à venir…
Un autre élément qui pourrait sauver cette saison, est le retour de la clientèle russe. Depuis le 14 juillet, des vols charters ont repris vers Monastir, avec un programme porté par les tour-opérateurs Pegas et Biblio Globus Tunisia · en partenariat avec Pyramids Airlines. Le dispositif prévoit sept rotations hebdomadaires, dont cinq depuis Moscou et deux depuis Saint-Pétersbourg, ce qui ne règle pas à lui seul la question des volumes, mais constitue néanmoins un signal positif pour la destination.
Autrement dit, la saison touristique démarre avec un net retard dans les réservations, en raison d’un contexte géopolitique anxiogène qui a poussé de nombreux voyageurs à attendre le dernier moment. Cela nous amène à la réflexion suivante: on se demande si peut-on encore espérer un rebond en août qui compense un été parti trop tard?