Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a confirmé que les médecins tunisiens ayant obtenu leur diplôme de spécialité à l’étranger peuvent bénéficier d’une équivalence de leur diplôme sans passer d’examen d’évaluation ni suivre une formation complémentaire, à condition de justifier d’au moins cinq années d’exercice effectif.
Cette précision figure dans une réponse adressée le 1er juillet 2026 au président de l’Assemblée des représentants du peuple, en réponse à une question écrite du député Mohamed Ali portant sur une proposition de révision des conditions d’équivalence des diplômes des médecins tunisiens formés à l’étranger. Le document a été publié ce lundi sur le site officiel du Parlement.
Le ministère rappelle que le cadre juridique actuellement en vigueur permet déjà l’octroi de l’équivalence sans exigences supplémentaires pour tout médecin pouvant attester d’une pratique professionnelle effective d’au moins cinq ans après l’obtention de son diplôme de spécialité.
Une réforme entrée en vigueur en 2023
Le ministère souligne que les règles encadrant l’équivalence des diplômes et des titres, notamment dans les spécialités médicales, ont été révisées par un arrêté ministériel daté du 10 octobre 2023. Cette réforme est le résultat d’un processus de concertation engagé dès 2018 avec l’ensemble des parties concernées, parmi lesquelles le ministère de la Santé, les facultés de médecine et l’Ordre des médecins.
Les nouvelles dispositions prévoient l’attribution directe de l’équivalence aux médecins justifiant d’au moins cinq années de pratique effective après l’obtention de leur diplôme de spécialité, sans obligation de suivre une formation complémentaire, de passer un examen d’évaluation ou de cumuler ces deux exigences. Cette possibilité est inscrite dans le dernier alinéa de l’article 16 de l’arrêté de 2023.
Des équivalences déjà accordées à des médecins formés en Allemagne
Le ministère indique également que la commission sectorielle chargée de l’équivalence des diplômes dans les spécialités médicales et paramédicales applique déjà cette disposition. Plusieurs médecins ayant suivi leur formation en Allemagne ont ainsi obtenu une décision d’équivalence après prise en compte de leur ancienneté professionnelle et présentation des justificatifs attestant de leur exercice effectif.
L’administration rappelle toutefois la spécificité du système allemand de formation médicale. Contrairement à d’autres pays, celui-ci ne débouche pas sur un diplôme universitaire national de spécialité, mais sur un certificat de compétence délivré par l’Ordre des médecins de chaque région allemande.
Un sujet relancé par les médecins tunisiens d’Allemagne
Dans sa question parlementaire, le député Mohamed Ali avait évoqué les difficultés rencontrées par les médecins tunisiens diplômés à l’étranger pour faire reconnaître leurs qualifications en Tunisie.
Il a rappelé que l’Association des médecins tunisiens en Allemagne, en partenariat avec l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, avait soumis il y a plus d’un an une proposition de modification des conditions d’équivalence. Cette initiative était accompagnée d’une pétition signée par plus de 100 médecins tunisiens établis en Allemagne et adressée également à la présidence de la République.
Ainsi, le député souligne que cette proposition vise à faciliter le retour de ces compétences médicales afin qu’elles puissent intégrer les établissements hospitaliers tunisiens, dans un contexte marqué par une pénurie persistante de médecins spécialistes. Il estimait qu’une absence de réponse risquait de priver le pays d’une opportunité de pourvoir des postes vacants dans plusieurs spécialités essentielles.