Le deuxième panel de la 27e édition du forum de L’Économiste Maghrébin s’est penché sur l’avenir de l’agribusiness tunisien en articulant agriculture, sécurité alimentaire et climat. Sous le thème « Sécurité alimentaire, chaîne de valeur agricole et adaptation climatique : quelle trajectoire pour l’agribusiness tunisien ? », les intervenants ont débattu de la capacité du secteur agricole à se réinventer pour faire face aux contraintes environnementales, hydriques et économiques.
Leith Tlemçani, le CEO de la société Herbiotech est intervenu lors de ce panel et a tenu une idée simple mais stratégique : on ne sauvera pas l’agriculture sans revoir en profondeur la formation des jeunes et l’organisation des compétences. Face à la raréfaction de la main-d’œuvre, à la pression climatique et à l’évolution rapide des techniques, il considère que l’agriculture doit entrer pleinement dans l’ère de la mécanisation intelligente et de l’innovation.
Il part du constat de terrain : les exploitations sont de plus en plus confrontées à des difficultés de recrutement, alors même que les tâches agricoles deviennent plus techniques.
Selon lui, la conséquence est claire : il faut former des profils capables d’utiliser les machines, de comprendre les outils numériques et d’intégrer l’IA dans les processus agricoles. Pour lui, l’avenir ne réside pas dans un retour au passé, mais dans une agriculture plus technologique, mieux organisée et mieux accompagnée.
Il insiste aussi sur le rôle des universités et des centres de formation. Les cursus doivent mieux refléter les besoins du terrain : agriculture de précision, maintenance des équipements, analyse des données, gestion intelligente des ressources et adaptation aux contraintes climatiques. Il ne s’agit pas seulement de transmettre des connaissances théoriques, mais de préparer des professionnels immédiatement opérationnels.
Un autre point fort de son propos concerne le transfert technologique. Les solutions importées ne sont utiles que si elles sont adaptées aux réalités locales. Cela suppose des passerelles plus solides entre chercheurs, formateurs, agriculteurs et entreprises du secteur. La technologie ne devient réellement efficace que lorsqu’elle est traduite en usages concrets, simples et économiquement viables.
Autrement dit, Leith Tlemçani défend une vision ambitieuse du secteur, qui serait, selon lui, capable d’attirer des jeunes, de créer des métiers nouveaux et de se moderniser sans perdre son ancrage territorial.
En somme, il conclut: « la solution n’est pas seulement d’investir dans les équipements, mais de bâtir un écosystème où la formation devient la première infrastructure de la transition agricole ».