Le pouvoir d’achat étant en baisse, la situation ne s’améliore toujours pas dans un contexte économique complexe. Face à la hausse des prix de certains produits alimentaires, les ménages doivent adapter leur budget. Selon les dernières données de l’INS, l’inflation poursuit sa progression : en avril 2026, elle atteint 5,5%, principalement tirée par l’augmentation des prix alimentaires, des produits manufacturés et des services.
Pour les experts en économie, tel Ridha Chkoundali, la Tunisie fait face à un véritable choc systémique lié au conflit au Moyen-Orient. La flambée des prix du pétrole, combinée à des tensions de financement, entraîne une détérioration rapide des indicateurs : inflation élevée, croissance atone, dette en forte hausse et déséquilibres extérieurs aggravés.
Sur un an, l’INS dresse un bilan alarmant : les prix des produits alimentaires ont progressé de 8,2%, avec de fortes hausses pour les fruits frais (+19,2%), la viande d’agneau (+16,1%), la volaille (+16,1%), les légumes frais (+13,5%), la viande bovine (+12%) et le poisson frais (+11,9%). À l’inverse, les huiles alimentaires (-6,8%) et les œufs (-4,4%) enregistrent un recul.
Les produits manufacturés affichent une hausse de 4,7%, notamment en raison de l’augmentation des prix de l’habillement et des chaussures (+9,3%). Les services progressent quant à eux de 4,2%, tirés principalement par la hausse des tarifs de l’hébergement (+14,6%).
En rythme mensuel, les prix à la consommation ont augmenté de 1,1% en avril par rapport à mars 2026. Cette évolution est liée surtout à la hausse des prix alimentaires (+1,4%) et de l’habillement (+5,9%), après la fin des soldes d’hiver.
L’inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie, s’établit à 4,8% contre 4,6% le mois précédent. Les produits libres continuent d’augmenter plus rapidement (+6,8%) que les produits encadrés (+1%).
Enfin, les secteurs ayant le plus contribué à l’inflation globale sont les produits manufacturés et les services, tandis que les produits alimentaires libres et les produits non alimentaires libres restent les principaux moteurs de la hausse des prix.
