La Tunisie franchit une étape majeure dans sa transition énergétique avec l’entrée en exploitation commerciale de deux centrales solaires de 60 MW chacune à Tozeur et Sidi Bouzid, produisant 288 GWh d’électricité propre par an.
Même si la transition énergétique mondiale est irréversible, la Tunisie met les bouchées doubles pour atteindre 30 à 35% d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030. Ces projets, menés par Scatec (51%, leader norvégien) et Aeolus SAS (49%, filiale de Toyota Tsusho), s’inscrivent dans une stratégie de décarbonation et de souveraineté nationale.
Il convient de noter que les bailleurs internationaux, dont la BERD, la Banque mondiale, l’AFD et le Japon, accompagnent la Tunisie dans sa trajectoire vers 35% d’énergies renouvelables d’ici 2030. Leur appui financier et technique soutient la création d’emplois, la décarbonation du secteur électrique et le renforcement de la sécurité énergétique.
Federico Garone, pour la BERD, a salué la solidité du cadre réglementaire tunisien et son effet d’entraînement sur près de 1,7 GW de projets renouvelables. Fayçel Tarifa, PDG de la STEG, a souligné l’apport de ces nouvelles capacités à l’équilibre du réseau électrique.
De son côté, l’ambassadeur du Japon en Tunisie M. SAITO Jun a rappelé que le projet s’inscrit dans le mécanisme JCM et dans le 70e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. La France, à travers l’AFD et des entreprises comme Neoen ou Voltalia, participe elle aussi à cette dynamique, avec plus de 500 MW solaires déjà réalisés. C’est ce qu’a souligné Manuel Bufala, ministre conseiller chargé d’affaires à l’ambassade de France en Tunisie, en déclarant comme suit: « La France souhaite rester pleinement engagée aux côtés de la Tunisie dans sa transition énergétique, à travers l’AFD, ses opérateurs et des partenariats économiques entre entreprises françaises et tunisiennes. »
Selon lui, plusieurs sociétés françaises, dont Engie et Voltalia, ont déjà remporté des projets solaires en Tunisie, illustrant une coopération concrète au service du co-développement. Il a aussi rappelé que cette dynamique s’inscrit dans une relation bilatérale plus large, appelée à se renforcer à travers de nouveaux projets et le forum euro-méditerranéen du développement durable organisé à Tunis.
En somme, les premiers projets solaires IPP ( Independent Power Producer, c’est-à-dire producteur indépendant d’électricité) de Scatec en Tunisie, ces centrales marquent une étape importante dans la diversification du mix énergétique national.