La CONECT a vivement critiqué la circulaire de la Banque centrale de Tunisie imposant aux importateurs de produits jugés non prioritaires de financer leurs achats sur fonds propres, sans recours au crédit bancaire.
Selon le communiqué de la CONECT, elle estime que cette mesure risque de fragiliser les PME, de réduire la concurrence, de menacer l’emploi et de perturber certaines chaînes d’approvisionnement, y compris dans les secteurs industriels et médicaux.
Toujours selon le communiqué, la CONECT rappelle que ce type de restriction avait déjà été appliqué en 2017 avant d’être abandonné en 2019, faute de résultats jugés convaincants. Elle considère que les grandes entreprises seront mieux armées pour absorber cette contrainte, contrairement aux PME et aux commerçants de taille moyenne, qui pourraient en être de facto exclus.
L’organisation met également en garde contre un impact social et économique plus large, notamment dans le commerce, la distribution, la logistique et les services. Elle souligne aussi que certains produits concernés, à usage médical ou paramédical, pourraient devenir plus rares ou plus coûteux, avec des conséquences sur la santé publique.
La CONECT redoute par ailleurs une perturbation des intrants industriels, susceptible de ralentir la production locale et de pénaliser les exportations. Elle estime enfin que la mesure pourrait favoriser l’informel et la contrebande, tout en alourdissant les procédures administratives pour les entreprises.
Tout en disant comprendre l’objectif de préservation des réserves de change, il est d’autant plus important d’établir un dialogue avec les autorités et les acteurs économiques. Elle plaide pour une révision de la liste des produits concernés, l’exclusion des biens médicaux, une simplification des procédures pour les industriels et une approche plus progressive et concertée.