Les trois quarts de la population mondiale vivent dans des pays dépendant des importations de combustibles fossiles, selon une étude du think tank Ember. Cette dépendance s’explique par la concentration de la production d’hydrocarbures dans quelques régions, principalement les États-Unis, le Golfe et la Russie. Au total, 75 % de la population mondiale, soit plus de six milliards de personnes, vivent dans des pays importateurs nets d’énergies fossiles, explique l’étude.
Une cinquantaine de pays tirent plus de la moitié de leur énergie primaire de ces importations, une proportion qui atteint près des deux tiers en Espagne, en Italie ou en Allemagne. Cette dépendance les rend particulièrement vulnérables aux perturbations des routes commerciales.
Les économies asiatiques figurent parmi les plus exposées : le Japon, la Corée du Sud, mais aussi les Philippines ou la Thaïlande dépendent fortement du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 40 % de leurs importations de pétrole. Dans ce contexte, une crise liée à un conflit au Moyen-Orient affecterait surtout l’Asie, contrairement à la crise énergétique provoquée en 2022 par l’invasion de l’Ukraine, qui avait principalement touché l’Europe.
Les importations nettes de combustibles fossiles couvrent ainsi 84 % de la demande d’énergie primaire du Japon, 80 % de celle de la Corée du Sud et 55 % de celle des Philippines.
On comprend alors pourquoi le conflit actuel opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, désormais étendu à toute la région du Golfe, hypothèque la croissance mondiale. Malheureusement, à part la fin de cette guerre, aucune mesure n’est à même de soulager les populations qui en sont touchées.