Les situations sont nombreuses où on est exposé à l’imprécision. Une réalité qui coûte cher à certains d’entre nous.
« Normalement » et ou « en principes ». Voici les réponses que nous donne quelquefois un concitoyen lorsqu’on lui pose une question. Une réalité qui n’échappe à personne et sur laquelle il faut peut-être s’interroger. Même si évidemment on ne peut avoir réponse à tout et que le doute est aux yeux de beaucoup plus une qualité qu’un défaut. Doit-on en l’absence d’une certitude induire quelqu’un en erreur ?
Quoi qu’il en soit, ne faut-il pas voir ici une des marques de fabrique d’un Tunisien à qui il arrive évidemment d’être imprécis ? Et les manifestations de cette approximation sont nombreuses. A commencer par lorsque dans une administration, quand vous avez un dossier à déposer, on oublie de vous indiquer tous les documents et justificatifs nécessaires ou encore la date à laquelle vous devez revenir pour récupérer un parchemin !
Cela ne vous retarde-t-il pas dans vos démarches, notamment quand elles sont longues ? Et quelquefois, quand vient le temps (après jusqu’à 15 jours) de récupérer votre document, on vous signifie que telle ou telle attestation manque. Et on vous oblige souvent à repartir de zéro.
Ils sont de trop
Autre manifestation de cette approximation : un menuisier, un forgeron ou encore un installateur de quelque produit que se soit ne termine pas totalement un travail. En clair, il y a souvent un petit quelque chose qu’il oublie de faire : une boite électrique qu’il omet de fermer hermétiquement, un carreau de faïence qui manque à l’appel lorsqu’il pose un carrelage, une vis qu’il ne met pas là où il faut !
Et souvent, beaucoup d’entre nous adorent raconter cette histoire d’un mécanicien qui, après avoir réparé un moteur, vient remettre au propriétaire d’une voiture deux boulons en affirmant qu’ils sont de trop !
« El Lika Dejib »
Une négligence due, entre autres, à un souci de terminer au plus vite le travail qui lui a été confié. Ou encore à l’impression qu’il sait d’avance, et sans savoir au juste de quoi il retourne, ce qu’il a à faire. Et puis, comme on dit souvent « El Lika Dejib », que l’on pourrait traduire par : la pose finale du mortier réparera les choses et offrira l’occasion de dépasser les négligences !
Un discours qui en dit long sur une manière de penser et de fonctionner. Et qui ne prend pas en compte une exigence : la qualité d’une œuvre. Soit l’adoption d’une méthode de travail et un souci de bien faire qui prennent en compte une préparation minutieuse et un travail mené comme il se doit. Synonyme de, nous dit un document d’une entreprise étrangère en BTP, dont on taira le nom, l’« application, la rigueur et les soins apportés à l’exécution des tâches ». « Une attitude », ajoute le même document, « valorisant la qualité, la fiabilité et la conformité aux normes et qui est souvent le reflet d’un engagement professionnel fort et peut être un facteur clé de performance ».