Les banques tunisiennes évoluent dans un environnement marqué par un niveau de liquidité globalement confortable, alors que le financement de l’économie réelle demeure un enjeu structurant pour la dynamique de croissance. C’est l’un des enseignements mis en lumière par Salma Charni, économiste et experte en gestion des risques et en data, forte de sept années d’expérience au service d’institutions financières et gouvernementales canadiennes, dans une étude consacrée au secteur bancaire tunisien sur la période 2019-2024. Une étude réalisée pour Maxula Bourse.
L’analyse fait ressortir un taux de créances non performantes (NPL) de 12,3 % en 2024 pour les banques cotées, un niveau supérieur à celui observé dans plusieurs économies comparables de la région MENA. Elle met également en évidence une exposition significative aux titres souverains, dans un contexte où la dette publique représente 80,3 % du PIB.
Selon l’étude, les défis actuels du secteur concernent principalement l’amélioration de l’efficacité de l’allocation du capital, le renforcement du rendement des actifs et l’optimisation des mécanismes d’intermédiation bancaire, plutôt qu’un manque structurel de capital.
En s’appuyant sur le modèle CAMEL — cadre d’évaluation prudentielle reconnu à l’international (Capital Adequacy, Asset Quality, Management, Earnings, Liquidity) —, Salma Charni propose une lecture comparative des performances des banques cotées, mettant en lumière des disparités mesurables ainsi que des axes d’amélioration spécifiques.
S’agissant de la norme IFRS 9, dont l’application est requise par la Banque centrale de Tunisie (BCT), l’analyse adopte une approche prospective. À la lumière d’expériences régionales, notamment au Maroc, cette norme peut contribuer à renforcer la gestion du risque de crédit, à améliorer la transparence financière et à consolider la résilience des établissements bancaires.
Dans cette perspective, une mise en œuvre anticipée, structurée et rigoureuse d’IFRS 9 pourrait constituer un levier stratégique d’optimisation durable et de renforcement de la compétitivité du secteur bancaire tunisien.