La justice a refusé de suspendre en urgence l’activité de l’usine d’engrais phosphatés de Gabès. Usine, rappelons-le, faisant partie du Groupe chimique tunisien (GCT), qui est accusée depuis des années de polluer l’environnement et de nuire à la santé des habitants.
En effet, regroupés dans le collectif “Stop Pollution“, les plaignants demandaient l’arrêt temporaire du site en attendant une décision définitive sur sa fermeture. Ils reprochent à l’usine de rejeter depuis des décennies des déchets toxiques, notamment du phosphogypse contenant des métaux lourds comme l’arsenic et le cadmium. Ces rejets seraient liés à de nombreux cas de cancers et de maladies respiratoires dans les quartiers voisins.
Malgré des manifestations massives l’an dernier, lesquelles avaient nécessité l’intervention du président de la République Kaïs Saïed, avec la création d’une commission spéciale dirigée par Ali Ben Hammoud, le tribunal a estimé que les preuves présentées n’étaient pas suffisantes pour prouver un préjudice immédiat. Autrement dit, l’usine de Gabès continuera de fonctionner et donc de polluer. Au grand dam des Gabésiens.
Mais ce n’est pas pour décourager les plaignants qui ont annoncé leur intention de faire appel. Et comme l’on pouvait s’y attendre, à Gabès, la décision a provoqué une forte colère. Les habitants disent vouloir poursuivre leur mobilisation et réclament le démantèlement des unités les plus polluantes.
Par ailleurs, notons que le phosphate constitue un secteur clé de l’économie nationale. Ce qui rend le dossier particulièrement sensible.