Washington utilise les négociations commerciales pour persuader New Delhi de renoncer aux approvisionnements russes.
Les États-Unis sont en « négociations actives » avec l’Inde, qu’ils espèrent persuader d’importer du pétrole du Venezuela plutôt que de Russie, a déclaré, vendredi 20 février, l’ambassadeur américain à New Delhi, Sergio Gor. « Le département de l’Énergie [américain] est en discussion avec le ministère de l’Énergie [indien] » au sujet de l’achat de pétrole vénézuélien, et « nous espérons avoir des nouvelles à ce sujet très prochainement ».
À noter au passage que le gouvernement américain a délivré des licences à deux sociétés commerciales pour distribuer le pétrole produit au Venezuela après avoir kidnappé Nicolas Maduro, début janvier, et conclu un accord d’approvisionnement avec la présidente par intérim, Delcy Rodriguez.
Washington profite des négociations commerciales en cours pour persuader New Delhi de renoncer aux importations de pétrole russe. L’Inde et la Chine sont devenues les principaux acheteurs de ce pétrole brut après les sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne à Moscou à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
New Delhi n’a jamais confirmé avoir promis à Washington d’abandonner le pétrole russe. Le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, a récemment déclaré, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, que les dirigeants de son pays privilégient une « autonomie stratégique » et prennent des décisions dans le secteur de l’énergie « qu’ils estiment être dans leur meilleur intérêt », après avoir analysé les coûts et les risques.
Moscou a également déclaré n’avoir aucune information concernant un éventuel blocage des livraisons de pétrole brut russe par l’Inde. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a indiqué mercredi aux journalistes que les achats de pétrole étaient dictés par des considérations de rentabilité. « Je pense que ni nous ni vous n’avons de raison de croire que l’Inde a revu sa position », a-t-elle souligné.
Début février, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé les États-Unis d’utiliser des « mesures coercitives incompatibles avec une concurrence loyale » dans leur volonté de contrôler les principales routes énergétiques internationales et de « dominer l’économie mondiale ».