Dans le cadre du lancement du nouveau plan de développement économique, plaçant l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au rang de priorité stratégique, un enjeu majeur mérite une attention particulière : celui des compétences humaines nécessaires pour en tirer profit dans les faits.
L’IA est souvent présentée comme un moteur de productivité et d’innovation, capable d’améliorer la prise de décision et de stimuler les performances sectorielles. Sur le papier, cette vision est séduisante. Mais sans une stratégie claire et réaliste visant à former les responsables et cadres opérationnels, qu’ils œuvrent dans l’administration publique, les institutions financières ou les entreprises, ces ambitions risquent de rester largement théoriques.
C’est ici que se trouve la véritable transformation : l’IA doit être utilisée comme un assistant structuré, et non comme un substitut au jugement humain. Elle peut aider à analyser des volumes massifs de données, synthétiser des informations complexes et produire des livrables professionnels, mais ce potentiel ne se réalise pleinement que si les responsables et cadres opérationnels savent poser les bonnes questions, interpréter les résultats, identifier les limites et maintenir un contrôle critique constant.
Certaines voix ont souligné le risque que l’IA devienne un mot-clé sans impact concret sur la productivité ou la qualité de la décision publique. Cette prudence est légitime : les processus, les données et la culture organisationnelle tunisienne doivent encore évoluer pour accueillir ces outils de manière harmonieuse. Il ne s’agit pas de freiner l’innovation, mais de garantir une adoption responsable et progressive.
Il est important de rappeler que l’IA ne remplace ni le débat démocratique ni les choix politiques. Elle éclaire les décisions et renforce leur cohérence, mais ne se substitue pas à la vision stratégique ni à la responsabilité humaine.
Dans ce cadre, la formation professionnelle continue des responsables et cadres opérationnels est le pivot de la transformation. Il ne s’agit pas de former des experts techniques, mais de développer une culture professionnelle de l’IA : comprendre les outils, interpréter les résultats, exercer un contrôle critique et appliquer des usages éthiques et responsables. Seule cette approche permet de tirer parti de l’IA sans risques de décisions biaisées ou d’utilisation mécanique.
L’intégration de l’IA doit également prendre en compte les enjeux de souveraineté numérique, de sécurité et de confidentialité des données, particulièrement dans l’administration et le secteur financier. Les responsables et cadres opérationnels formés sont mieux armés pour définir des usages conformes à l’intérêt général et aux exigences réglementaires.
Enfin, il est important de rappeler que l’IA ne remplace ni le débat démocratique ni les choix politiques. Elle éclaire les décisions et renforce leur cohérence, mais ne se substitue pas à la vision stratégique ni à la responsabilité humaine.
L’intégration réussie de l’IA dans le plan de développement économique tunisien repose donc sur un investissement clair dans les compétences, la formation professionnelle et le discernement des responsables et cadres opérationnels. C’est cette capacité humaine, et non la technologie seule, qui permettra à l’IA de devenir un véritable levier de modernisation, au service de l’action publique, de la stabilité financière et de la compétitivité économique du pays.
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