L’éditeur de logiciels tunisien, ARABSOFT – en partenariat avec la société canadienne C2D et l’intégrateur Afreetech Cameroun -, s’est vu attribuer la mission de refonte de la solution logicielle de gestion du personnel et des ressources de l’État en Tunisie, l’application INSAF développée dans les années 80 (du siècle dernier) par le Centre national informatique (CNI). Dit autrement, l’objet du contrat est la conception, du développement et la mise en place d’un système d’information national intégré des ressources humaines de la fonction publique pour le compte de l’Etat tunisien.
C’est un projet financé par un prêt de la BM dans le cadre du projet “Tunisie Digitale“ piloté par le ministère des Technologies de la communication. Le processus de choix aurait duré plus de ans, nous explique une source au d’ARABSOFT.
A l’international et toujours selon notre source, ce même consortium auraient également postulé pour le projet du système d’information fiscal, Etax, lancé par la DGI Cameroun.
Ce qui pousse notre interlocuteur à souligner que les sociétés tunisiennes spécialisées dans les logiciels brillent en Afrique au sud du Sahara, et ont montré leurs capacités à gagner de très grands projets, parfois sous le nez et la barbe des grands groupes mondiaux. Toutefois, sur le plan local, certaines entreprises et administrations publiques, comme la Poste, la STEG ou encore le ministère des Finances, préfèrent confier leurs projets de digitalisation à des solutions étrangères.
C’est du reste paradoxal, car le secteur digital en Tunisie représenterait 12 % du PIB en 2024 (chiffre de la BCT et de l’INS). Autrement dit autant que le secteur touristique.
On rappelle dans cet ordre d’idées que le nombre des étudiants inscrits dans les branches digitales dans les universités tunisiennes, pour 2025-2026, atteindrait les 34 000, nombre qui serait le plus élevé en l’Afrique.
Ceci amène à dire qu’il faudra désormais se convaincre que la Tunisie n’est plus la terre du tourisme, ou de l’industrie manufacturière ou bien de l’huile d’olive uniquement, mais aussi et de plus en plus de l’économie digitale.
« Les décideurs ont-ils conscience de cette force ? », s’interroge notre vis-à-vis. Qui répond que « le doute est permis ».
Cependant, avec le conseil des ministres du vendredi 13 février 2026 entièrement consacré à la transformation digitale, ce doute pourrait être levé au cours des prochains mois.