Les prix du pétrole ont reculé ce jeudi 5 février; après l’annonce de pourparlers entre Washington et Téhéran, le 6 courant à Oman. Il y a un vent d’optimisme, malgré des divergences persistantes sur le contenu des discussions.
L’Iran souhaite centrer les discussions sur le différend nucléaire de longue date avec les puissances occidentales. Tandis que les États-Unis veulent également aborder le programme de missiles balistiques de Téhéran, son soutien présumé à des groupes armés au Moyen-Orient et son bilan en matière de droits humains.
Au moment de la rédaction de ces lignes, le Brent a également reculé de 1,37 % à 68,51 dollars le baril. Les cours restent extrêmement volatils. Mercredi, le président américain Donald Trump avait déclaré que le Guide suprême iranien « devrait être très inquiet ». Cette simple remarque a fait bondir les prix du pétrole d’environ 3 %.
Cartes à jouer
Les marchés restent prudents. Ils peuvent décrypter les messages concernant les pourparlers avec l’Iran comme une piste à une désescalade, au même titre qu’une diversion tactique avant une action militaire. Les risques sous-jacents restent élevés. L’importante accumulation d’actifs militaires dans la région par les États-Unis et leurs alliés suggère qu’une frappe est plus probable qu’improbable. Le prix du pétrole intègre naturellement une prime pour refléter cela.
Les investisseurs écartent la possibilité que Washington prenne directement pour cible les infrastructures pétrolières iraniennes. Mais une escalade pourrait venir de Téhéran. L’Iran pourrait menacer les pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz pour tenter d’arrêter les chargements. Ce qui ferait monter les prix du pétrole de manière significative.
Le détroit d’Ormuz, entre l’Oman et l’Iran, est un passage vital où transite quotidiennement environ 20 % de la production pétrolière mondiale. C’est une voie cruciale reliant les producteurs de brut du Moyen-Orient aux marchés mondiaux.
Pour rappel, la Tunisie a construit son budget 2026, entre autres, sur l’hypothèse d’un prix moyen de 63,3 dollars le baril de Brent. Nous sommes encore en début d’année et ce n’est pas trop inquiétant pour le moment. Mais si la tendance haussière persiste, cela pourrait constituer un choc extérieur à ne pas sous-estimer pour les finances publiques.