Le 3 février 2026, la Libye est secouée par l’assassinat de Seif el-Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi. Que révèle cette tragédie ? Quelle en est la lecture géopolitique ? Ahmed Ounaïes, ancien diplomate, livre son analyse dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com
Il estime que la Libye n’est plus dans le chaos grâce à la redistribution pétrolière qui maintient une prospérité de base, mais sa fragilité persiste en phase de transition. Ahmed Ounaïes insiste sur l’urgence d’élections nationales pour renouveler les élites, gérer la rente pétrolière et surmonter le déficit culturel de légitimité politique, malgré l’assassinat de Seif el-Islam Kadhafi.
Il précise dans ce contexte : « Non, il ne s’agit plus de chaos : la Libye en est sortie. Grâce à ses ressources naturelles, une prospérité individuelle persiste à la base de la société, via la redistribution des revenus pétroliers à toutes les factions. Ce compromis, négocié par Dbeibah, assure une répartition des richesses nationales ».
Et de poursuivre : « Sa fragilité se justifie en phase de transition, mais pas pour une stabilisation durable. L’objectif initial était de réussir cette transition, puis d’organiser des élections nationales pour renouveler la classe politique : de nouveaux leaders jeunes et modernes, aptes à gérer la manne pétrolière, une fortune jaillissant du sable sans effort citoyen. »
Et de conclure : « Il est temps de reconnaître la nécessité d’élections nationales pour relancer l’économie libyenne et restaurer une légitimité politique. Les Libyens peinent à légitimer un gouvernement issu du suffrage. Cette impasse révèle un retard politique profond dans la culture nationale libyenne ».
La suite de l’interview sera disponible dans le prochain numéro de l’Economiste Maghrébin