L’Union européenne a dévoilé, jeudi 29 janvier 2026, les grandes lignes de sa future politique d’immigration. Lesquelles prévoient une augmentation des expulsions et une révision du système des visas…
Le principal artisan de ce changement de politique d’immigration, le commissaire européen Magnus Brunner, a souligné que « la priorité est claire : réduire le nombre d’arrivées illégales et le maintenir à un faible niveau ».
En 2025, le nombre d’entrées irrégulières sur le territoire européen a diminué de plus de 25 %, selon l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex.
La stratégie de la Commission européenne en matière de migration pour les cinq prochaines années est axée sur l’expulsion des demandeurs d’asile déboutés.
Le Parlement européen examine actuellement un texte élaboré par Bruxelles visant à accroître le nombre d’expulsions. Ce texte législatif prévoit l’ouverture de centres situés hors des frontières de l’Union européenne, appelés centres de retour, vers lesquels seront envoyés les migrants déboutés de leur demande d’asile.
Le texte prévoit également des sanctions plus sévères pour les migrants qui refusent de quitter le territoire européen, en les détenant pendant des périodes plus longues.
Bien entendu, ces mesures suscitent des critiques de la part de la gauche et des organisations non gouvernementales, mais elles bénéficient d’un soutien croissant de la part des pays de l’UE.
Diplomatie migratoire
La stratégie annoncée par l’Union européenne était axée sur la « diplomatie migratoire », c’est-à-dire l’établissement de nouveaux partenariats avec des pays d’Afrique du Nord, similaires à ceux conclus avec la Tunisie.
Les Européens attendent de ces pays – d’origine ou de transit pour les migrants – qu’ils freinent les départs et réintègrent leurs citoyens en situation irrégulière au sein de l’Union européenne, en échange d’une aide et d’investissements se chiffrant en milliards d’euros.
Olivia Sundberg Diez, d’Amnesty International, a fait valoir que cette approche « conduit à une dépendance accrue de l’UE » vis-à-vis des pays en développement. « Ce sont des politiques à courte vue qui reflètent l’obsession croissante de l’UE pour le blocage de l’accès et l’augmentation des retours sur investissement, au détriment de ses engagements en matière de droits de l’Homme ».