L’Afrique ne subit plus la fuite de ses talents : elle la transforme en croissance. Étudiants et professionnels partis en France, Espagne ou Canada reviennent désormais booster l’innovation et l’entrepreneuriat via des allers-retours organisés, la fameuse migration circulaire.C’est ce qu’a révélé l’agence Ecofin.
Au Maroc, l’urgence saute aux yeux. Le Policy Center for the New South (septembre 2025) dissèque 204 programmes d’orientation (2019-2022) : ils préparent le départ, mais oublient le retour. Résultat ? 60 000 étudiants s’exilent chaque année (+73% depuis 2011). Une stratégie circulaire s’impose pour rapatrier ce capital humain.
Les poids lourds internationaux abondent dans ce sens :
BAD et OIM (2024) : miser sur la diaspora pour doper les économies.
UKRI (2025) : des politiques data-driven pour une mobilité réversible.
UA et OIM (août 2025) : la migration comme levier inclusif, focalisé compétences.
Tous convergent vers des partenariats phares comme les Skills Mobility Partnerships.
Les exemples concrets pullulent. Au Sénégal, 10 000 candidats se bousculent pour des jobs saisonniers agricoles en Espagne (mars 2025). Le Maroc avance avec SALEEM (2018, financé UE), statut pour étudiants-entrepreneurs, et la start-up Menbita, qui connecte diaspora et boîtes locales. Intra-continent, l’Afrique de l’Ouest domine : OIM (2022) note les flux massifs, boostés par la stratégie CEDEAO (mai 2025) sur libre circulation et reconnaissance des diplômes.
Horizon 2050 : 2,4 milliards d’Africains (ONU) réclament des compétences à foison. La recette ? Cadres solides avec accompagnement au retour, insertion et suivi. Sinon, la fuite reste une hémorragie. L’Afrique est prête à tourner la page ?