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Leconomiste Maghrebin > Blog > Economie > Environnement > Ezzedine Khalfallah : « Le solaire doit devenir une priorité nationale »
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Ezzedine Khalfallah : « Le solaire doit devenir une priorité nationale »

Hamza Marzouk
2026/01/20 at 2:16 PM
par Hamza Marzouk 22 Min Lecture
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Alors que la Tunisie cherche à accélérer sa transition énergétique, le rejet de l’article 47 du projet de loi de finances 2026, qui visait à réduire la taxation sur les panneaux solaires, suscite inquiétude et débats. Dans un entretien exclusif, Ezzedine Khalfallah, consultant international en énergie, analyse les conséquences de cette décision, détaille l’état actuel du secteur et propose des pistes concrètes inspirées d’expériences internationales pour atteindre les ambitieux objectifs nationaux à l’horizon 2035.

Comment évaluez-vous le rejet de l’article 47 du PLF 2026, qui visait à réduire la taxation sur les panneaux solaires ? Quelles pourraient être les conséquences si aucune nouvelle tentative n’est faite pour le faire adopter ?

Contents
Alors que la Tunisie cherche à accélérer sa transition énergétique, le rejet de l’article 47 du projet de loi de finances 2026, qui visait à réduire la taxation sur les panneaux solaires, suscite inquiétude et débats. Dans un entretien exclusif, Ezzedine Khalfallah, consultant international en énergie, analyse les conséquences de cette décision, détaille l’état actuel du secteur et propose des pistes concrètes inspirées d’expériences internationales pour atteindre les ambitieux objectifs nationaux à l’horizon 2035.Au regard de la situation actuelle en Tunisie, où en est-on dans le processus de transition énergétique ?Quels sont, selon vous, les efforts ou actions qui restent à entreprendre pour atteindre les objectifs fixés pour la transition énergétique à l’horizon 2035 ? Quelles expériences internationales comparées pourraient être utiles à la Tunisie pour accélérer sa transition énergétique ?Avez-vous un message à adresser aux autorités compétentes concernant l’avenir de la transition énergétique ?

L’article 47 du projet de loi de finances 2026 visait initialement à réduire le droit de douane sur l’importation des panneaux solaires, code tarifaire 85.41, de 30 % à 15 %. L’objectif déclaré était d’encourager l’installation d’équipements photovoltaïques, d’accélérer la transition énergétique, de réduire le coût de production de l’électricité solaire et de rendre les projets solaires plus accessibles. Toutefois, cet article a été annulé par les commissions des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et des districts.

Le rejet de cette baisse par les députés traduit un arbitrage entre la volonté de protéger l’industrie locale et l’ouverture au marché extérieur. Certains décideurs privilégient le maintien d’une protection tarifaire pour des raisons de souveraineté industrielle ou de soutien aux fabricants nationaux, bien que la capacité de l’industrie tunisienne dans le domaine du photovoltaïque reste très limitée, avec quelques rares entreprises locales, et que la majorité des panneaux soient importés. Par ailleurs, pour des considérations budgétaires, certains parlementaires estiment que, même si l’impact sur la production locale est faible, la baisse des recettes douanières n’est pas souhaitable.

Sur le plan de l’impact, le maintien du taux douanier élevé à 30 %, au lieu de sa réduction à 15 % ou à 0 % selon certaines voix du secteur, a suscité des critiques de la part des organisations professionnelles du secteur des énergies renouvelables. Elles dénoncent ce rejet, réclament la réintroduction de l’article 47 et alertent sur le risque de freiner les ambitions nationales en matière de transition énergétique. Pour ces organisations, le maintien du taux douanier élevé aura plusieurs conséquences. Il freinera la diffusion des panneaux photovoltaïques, car le coût d’importation reste élevé et rendra l’installation solaire plus coûteuse pour les ménages, les petites entreprises et les industriels. Il ralentira la transition énergétique, alors que la Tunisie vise à accroître la part des énergies renouvelables, et rendra l’équation financière moins avantageuse pour les investisseurs, ce qui peut décourager le développement de projets photovoltaïques. Enfin, la dépendance aux importations coûteuses se poursuivra, puisque la filière locale n’est pas capable de produire en volume suffisant, ce qui pèsera sur le coût de l’électricité solaire pour l’utilisateur final.

Personnellement, je constate une tension structurelle. D’un côté, l’État et certains députés veulent protéger l’industrie locale et maintenir les recettes douanières ; de l’autre, l’industrie nationale ne produit que peu de panneaux, ce qui rend l’objectif de souveraineté peu crédible à court terme. Pourtant, le pays a besoin de déployer rapidement des capacités solaires pour alléger la facture énergétique, réduire le déficit énergétique et respecter ses engagements en matière de transition énergétique.

Sans une évaluation précise de l’impact des différentes options sur les droits de douane des panneaux photovoltaïques, il est difficile de juger de la crédibilité de l’une ou l’autre. Il serait nécessaire de réaliser des simulations pour identifier le taux optimal conciliant protection de l’industrie locale et réduction du coût des installations.

En comparant avec d’autres pays de la région, plusieurs ont choisi d’alléger ou d’éliminer les droits sur les panneaux et leurs composants pour accélérer le déploiement des projets, attirer les investissements et soutenir l’industrie locale. Avec son taux de 30 %, la Tunisie se situe aujourd’hui bien au-dessus de ces pratiques régionales. Une politique ciblée d’exonérations temporaires, couplée à des conditions de contenu local, serait la voie la plus efficace pour réduire le coût des installations, stimuler l’autoconsommation et lancer une filière industrielle nationale.

Il faut aussi rappeler que les panneaux photovoltaïques représentent 35 à 40 % du coût total d’une installation solaire, tandis que les autres composants — onduleurs, câblage, structures métalliques, batteries, travaux d’installation et raccordement — représentent 60 à 65 %. Il convient donc de relativiser la confrontation entre les différentes parties prenantes. Pour donner un ordre d’idée, si les droits de douane étaient abaissés de 30 % à 5–10 %, le coût total d’une centrale pourrait baisser de 8 à 12 %, et le coût du kWh produit de 5 à 8 %.

Au regard de la situation actuelle en Tunisie, où en est-on dans le processus de transition énergétique ?

Le processus de transition énergétique en Tunisie est dynamique et s’appuie sur plusieurs leviers : énergies renouvelables, efficacité énergétique, technologies propres comme la mobilité électrique, l’hydrogène vert ou le captage et stockage de CO2, et décarbonation. Ce processus doit relever plusieurs défis. Le mix énergétique reste basé à 99 % sur les hydrocarbures, la part des énergies renouvelables n’atteignant qu’1 %. Les ressources nationales en hydrocarbures déclinent alors que la demande énergétique croît, générant un déficit énergétique de plus de 5,4 Mtep en 2024. L’approvisionnement en produits pétroliers n’est pas entièrement sécurisé, avec 77 % des besoins importés, et la dépendance au gaz naturel est forte, 73 % provenant de l’Algérie. La pointe électrique estivale a atteint un record de 4888 MW en 2024 contre 3465 MW en 2014, soit une augmentation moyenne annuelle de près de 4 %. Les prix de l’énergie sont fortement subventionnés et la politique de compensation insuffisamment ciblée, entraînant une hausse de la compensation énergétique à 7086 MDT en 2024, représentant 62,5 % de la compensation globale du budget et 6,5 % du PIB. Enfin, le déficit de la balance commerciale énergétique dépasse 10 milliards de dinars en 2024.

Les énergies renouvelables sont le principal levier de la transition énergétique. Leur développement permettrait d’améliorer les ressources nationales et de réduire le déficit à moyen et long terme, de diversifier et sécuriser l’approvisionnement énergétique, de réduire la dépendance et les charges budgétaires, de favoriser un accès plus large à l’énergie commerciale à coût constant, de répondre aux engagements de la Tunisie en matière de lutte contre les changements climatiques et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de réduire les subventions énergétiques et de dynamiser le secteur en termes d’investissement et de création d’emplois.

En comparant les capacités installées avec les objectifs fixés pour 2030 (35 % de renouvelables, soit 4850 MW) et 2035 (50 %, soit 8500 MW), on constate que les capacités actuelles restent limitées avec 785 MW, soit 16 % de l’objectif 2030. Des retards existent dans la réalisation des projets, mais au vu des capacités déjà lancées, 2840 MW, soit 59 % de l’objectif 2030, le retard est rattrapable. Les 1225 MW restants, représentant 25 % de l’objectif, sont réalisables dans les délais impartis, ce qui rend l’objectif de 2030 atteignable à condition d’accélérer les programmes en cours et de surmonter les obstacles encore présents.

Quels sont, selon vous, les efforts ou actions qui restent à entreprendre pour atteindre les objectifs fixés pour la transition énergétique à l’horizon 2035 ?

Pour atteindre les objectifs fixés en 2035, la Tunisie doit agir simultanément sur plusieurs leviers : accélérer l’exécution des projets, moderniser le réseau, simplifier les procédures, mettre à niveau les institutions, favoriser une fiscalité incitative, accélérer l’efficacité énergétique, encourager la mobilité électrique et créer une filière industrielle locale.

Il  est crucial d’accélérer la réalisation des projets renouvelables déjà attribués. La Tunisie a lancé des appels d’offres ambitieux, pour 0,5 GW solaire et 1,7 GW solaire et éolien, mais ces projets prennent plusieurs années avant d’entrer en exploitation. Il est nécessaire de débloquer les dossiers en attente liés au financement, aux autorisations et aux servitudes foncières, d’accélérer les procédures de raccordement et de réduire les délais de validation par la STEG, de finaliser les contrats d’achat d’électricité plus rapidement et de créer une unité de type « fast-track » pour les projets stratégiques, à l’instar du modèle marocain ou égyptien. Ces mesures permettraient la mise en service rapide de centaines de MW déjà attribués et d’atteindre 30 à 35 % de renouvelables d’ici 2030.

Le  développement massif de l’autoconsommation solaire, qu’elle soit résidentielle, industrielle ou tertiaire, est essentiel. La majeure partie du potentiel solaire tunisien réside sur les toitures des usines, commerces et habitations. Il conviendrait de supprimer les plafonds de capacité trop restrictifs, de simplifier les démarches de raccordement, actuellement longues et complexes, de digitaliser complètement le processus d’autorisation via une plateforme unique et d’obliger ou d’inciter les grandes surfaces, zones industrielles et bâtiments publics à installer du solaire. Cette stratégie permettrait d’installer plus de 1000 MW d’ici 2035 rien qu’avec les toitures.

Il  faut réformer le cadre réglementaire et renforcer le rôle stratégique de l’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Énergie (ANME) et de la STEG. L’ANME doit disposer de moyens et prérogatives renforcés pour les normes, contrôles, labellisation, innovation et technologies, ainsi qu’un helpdesk digitalisé. La gouvernance énergétique doit être clarifiée avec des responsabilités précises entre la STEG, l’ANME, les ministères et le régulateur. La mise en place d’une autorité indépendante de régulation de l’électricité, déjà prévue mais non opérationnelle, doit être accélérée, ainsi que la publication du code des énergies renouvelables et la mise à jour du code réseau. Un cadre clair rassurerait les investisseurs et les institutions financières.

Il  est nécessaire d’investir dans le réseau électrique et le stockage. Le développement des renouvelables requiert un réseau capable d’absorber l’intermittence et des installations de stockage comme des batteries et des STEP, ainsi que le renforcement des interconnexions. La modernisation et le renforcement du réseau de transport, le déploiement de systèmes de gestion intelligente, la construction de capacités de stockage et l’accélération des interconnexions Tunisie–Italie, Tunisie–Algérie et Tunisie–Libye sont indispensables pour sécuriser le réseau et intégrer davantage d’énergies renouvelables.

Créer un écosystème industriel local est essentiel pour réduire la facture d’importation et créer de l’emploi. Il s’agit de développer une filière locale d’assemblage de panneaux, onduleurs, structures et batteries, d’encourager la création d’entreprises spécialisées dans la conception, l’ingénierie, le diagnostic et la maintenance, et de fixer éventuellement un minimum de contenu local dans certains appels d’offres stratégiques. Cela permettrait de renforcer la souveraineté énergétique et de créer des emplois qualifiés.

La fiscalité et les barrières douanières doivent être revues. Les équipements solaires importés restent taxés, ce qui augmente le coût des installations. Il faudrait optimiser les droits de douane sur les panneaux photovoltaïques afin de concilier protection de l’industrie locale et réduction du coût de l’électricité renouvelable, réduire la TVA sur ces équipements et alléger la fiscalité sur les onduleurs, batteries et chargeurs de véhicules électriques. Ces mesures pourraient réduire le coût total des installations de 15 à 20 %.

L’efficacité énergétique doit être accélérée, car c’est le levier le plus rentable. La Tunisie dispose d’un potentiel énorme d’économies d’énergie. La mise à jour et l’application de la réglementation sur l’isolation thermique des bâtiments et la certification des équipements électroménagers, le remplacement des équipements énergivores, le renforcement des audits énergétiques obligatoires pour les entreprises et le ciblage des subventions pour les ménages vulnérables permettraient de réduire de 30 % la demande d’énergie primaire à l’horizon 2030 par rapport au scénario tendanciel.

Enfin, la mobilité électrique doit être encouragée, le transport représentant près de 33 % de la consommation énergétique. Il est nécessaire d’annuler les taxes sur les véhicules électriques, de créer un réseau national de bornes publiques et d’aider les taxis, collectivités locales et flottes captives à se convertir. Cela permettrait de réduire les importations de carburants et les émissions. En résumé, la Tunisie dispose d’une stratégie et d’objectifs fixés, mais la priorité est désormais d’accélérer l’exécution et de lever les blocages structurels.

 

Quelles expériences internationales comparées pourraient être utiles à la Tunisie pour accélérer sa transition énergétique ?

La Tunisie peut s’inspirer de plusieurs expériences internationales pertinentes, soit par leur proximité géographique, leur niveau de développement ou la structure de leur marché électrique.

Le Maroc illustre l’efficacité d’une gouvernance centralisée et d’une exécution rapide des projets. La création de l’agence MASEN, dédiée aux grands projets renouvelables, a permis de clarifier le rôle du secteur, d’offrir une autonomie forte et d’attirer les investisseurs. Des procédures rapides pour le foncier, les autorisations, le financement et le raccordement, ainsi qu’un modèle contractuel stable avec PPAs standardisés et soumis à arbitrage international, ont permis de dépasser 20 % de renouvelables dans le mix électrique.

L’Égypte, de son côté, a développé le complexe solaire de Benban (1 650 MW) en moins de trois ans grâce à la création de zones d’énergie renouvelable avec foncier sécurisé, le financement par des institutions multilatérales et investisseurs privés, des tarifs d’achat clairs pour les grandes centrales et un accès prioritaire au réseau.

L’Espagne a intégré massivement le solaire dans son mix électrique grâce à des réformes profondes du marché de l’électricité, à un plan national de stockage combinant STEP et batteries, au soutien à l’autoconsommation avec suppression des taxes et simplification des démarches, ainsi qu’à des tarifs de rachat compétitifs.

Le Portugal, bien que petit, a atteint 60 % d’électricité verte grâce à des appels d’offres compétitifs, des objectifs publics clairs avec reporting annuel, une valorisation de l’efficacité énergétique et des partenariats public-privé solides.

L’Allemagne combine développement de l’offre et maîtrise de la demande grâce à des programmes massifs d’isolation et de rénovation, à une filière industrielle locale pour équipements solaires, éoliens et batteries, à la formation professionnelle et à des subventions ciblées pour les ménages vulnérables.

Le Chili, avec un marché électrique concurrentiel et des conditions géographiques optimales, attire des capitaux privés par l’ouverture du marché, des appels d’offres publics annuels annoncés trois ans à l’avance, une stabilité contractuelle forte et des investissements dans le transport.

Le Rwanda montre qu’un pays en développement peut accélérer sa transition grâce à une digitalisation des autorisations, un suivi transparent des projets et une culture axée sur le résultat, limitant la bureaucratie et garantissant le respect des délais.

En conclusion, la Tunisie n’a pas besoin de réinventer la transition énergétique. Elle peut s’inspirer de ces modèles pour simplifier et accélérer les procédures, créer une gouvernance forte pour les projets renouvelables, sécuriser le foncier via des zones dédiées, moderniser le réseau et développer le stockage, assurer une stabilité réglementaire, stimuler l’industrie locale, promouvoir l’efficacité énergétique et attirer les capitaux privés via des partenariats public-privé.

Avez-vous un message à adresser aux autorités compétentes concernant l’avenir de la transition énergétique ?

La transition énergétique n’est ni un luxe ni un slogan, elle est désormais indispensable pour la souveraineté, la sécurité économique et la stabilité sociale de la Tunisie. Le pays n’a plus le choix : soit il accélère maintenant, soit il s’expose à une vulnérabilité énergétique, financière et climatique accrue.

Accélérer la transition énergétique réduit la dépendance et renforce la souveraineté nationale. Chaque retard se traduit par davantage d’importations de gaz, une pression accrue sur les finances publiques et une exposition aux crises internationales. Les renouvelables locales garantissent un approvisionnement sûr, prévisible et économique.

L’expérience mondiale montre que la réussite dépend de la vitesse d’exécution. La Tunisie a une stratégie, des objectifs et des projets attribués, mais ce qui manque, c’est l’exécution. Il est urgent de simplifier les procédures, réduire les délais administratifs, unifier la gouvernance et accélérer le raccordement des projets. Chaque mois de retard coûte des millions en importations d’énergie.

L’énergie solaire est un atout stratégique avec un potentiel de 280 GW et plus de 300 jours d’ensoleillement par an. Ce potentiel permet de réduire fortement la facture énergétique, attirer des investissements étrangers, créer une filière industrielle locale et exporter de l’énergie via les interconnexions. Le solaire doit devenir une priorité nationale au même titre que l’eau ou la sécurité alimentaire.

La transition énergétique est un levier de croissance et non une charge. Les investissements dans les renouvelables créent des emplois qualifiés, réduisent la pression sur la STEG, améliorent la compétitivité des entreprises, attirent des capitaux et limitent les risques financiers. Elle peut devenir un moteur de développement si elle est accélérée et pilotée efficacement.

Enfin, la Tunisie doit envoyer un signal fort aux entreprises, investisseurs, banques et institutions internationales en montrant un engagement cohérent avec des règles stables, des procédures claires et des projets réalisables. Une mobilisation nationale est nécessaire, dépassant les institutions et les mandats, avec un leadership politique fort, des institutions réorganisées, une vision à long terme et un suivi rigoureux. L’accélération de la transition énergétique permettra d’assurer la souveraineté, réduire les coûts, créer de la croissance et faire de la Tunisie un modèle régional, sachant que le coût du retard sera toujours plus élevé que celui de l’action.

Cette interview a été publié dans le numéro de l’Economiste Maghrébin du 17 au 31 janvier 2025

 

 

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Hamza Marzouk 20 décembre 2025
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