Le trésorier de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers, Hachemi Mleyani, a affirmé ce lundi 18 janvier 2026 à L’Economiste Maghrebin que les promoteurs immobiliers privés peuvent fournir entre 25 000 et 30 000 logements par an dans le cadre du dispositif de location-accession. Une annonce qui intervient alors que la Tunisie fait face à une crise du logement aggravée par la flambée des prix de l’immobilier et les difficultés d’accès au crédit bancaire.
Mleyani a cependant conditionné la réussite de ce mécanisme à la conjugaison des efforts dans le cadre de la loi sur le partenariat public-privé, insistant sur la nécessité de consultations entre la Chambre et les autorités concernées.
Un dispositif passant par une banque publique
Selon le responsable, le succès du projet nécessite que la location-accession passe par une banque publique. Celle-ci permettrait au bénéficiaire de régler mensuellement ses loyers sous forme de mensualités de crédit à des conditions avantageuses, adaptées au montant qu’il payait auparavant. En contrepartie, la banque verserait au promoteur immobilier la totalité du prix du logement, encourageant ainsi la poursuite de la construction de nouveaux logements pour répondre à la forte demande.
Cette contribution du secteur privé viendrait compléter les efforts de l’État qui prévoit de fournir 1 200 logements en location-accession d’ici fin 2026, répartis sur 11 gouvernorats pour un coût total avoisinant 200 millions de dinars. Pour rappel, le ministre de l’Équipement, Salah Zouari, avait précédemment annoncé un objectif de 5 000 logements sur la période 2026-2030, à raison de 1 000 logements par an.
Un mécanisme ancien remis au goût du jour
La location-accession n’est pas une nouveauté en Tunisie. Ce système de financement immobilier, qui permet au citoyen de devenir propriétaire après une période déterminée de location, était en vigueur depuis les années 1970 avec la création de la Société de promotion des logements sociaux (SPROLS) en 1977. Après avoir débuté par la simple location, la SPROLS s’est orientée vers la location-accession en 1989, avant que le dispositif ne s’arrête en 2016 en raison de problématiques liées aux lois bancaires et aux mécanismes de financement différencié.
Le programme cible essentiellement les catégories à revenus modestes et moyens des secteurs public et privé ne possédant pas de logement, se distinguant ainsi du programme du « premier logement » destiné aux personnes dont le revenu se situe entre 4,5 et 12 fois le salaire minimum.