La saison des soldes hivernales 2026 débutera le jeudi 29 janvier et s’étendra sur une période de huit semaines à compter de la date de lancement. L’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur (OTIC) réclame une refonte complète du cadre législatif régissant les soldes et les franchises commerciales. Dans une déclaration à L’Economiste Maghrébin, son président, Lotfi Riahi, dénonce un système qui fragilise l’industrie nationale et érode le pouvoir d’achat des Tunisiens. Une initiative législative est actuellement en préparation pour fusionner et amender les textes régissant ces deux domaines, jugés indissociables pour la protection du produit tunisien.
Il explique que le dispositif actuel de la franchise a dévié de sa mission première qui visait à favoriser le transfert technologique et le développement économique. Au lieu de cela, il a permis l’inondation du marché par des produits étrangers souvent de qualité inférieure, mais commercialisés à prix élevés sous couvert de marques internationales. Les produits importés occupent désormais environ 80 % de l’espace de vente, ne laissant qu’une part marginale de 20 % aux productions tunisiennes. Ce déséquilibre empêche toute concurrence loyale et affaiblit la compétitivité des fabricants locaux face à la masse des importations.
Lotfi Riahi dénonce des marges bénéficiaires démesurées pratiquées sur les articles vendus sous franchise, atteignant parfois 70 % à 80 %. Cette situation pèse lourdement sur le budget des ménages et a instauré une normalisation de la cherté de la vie. Le consommateur finit par accepter des prix élevés comme une fatalité, sans percevoir l’impact réel des marges commerciales sur le coût final des produits. L’érosion du pouvoir d’achat et la domination des produits importés laissent présager une saison des soldes d’hiver peu attractive pour les citoyens tunisiens.
Le président de l’OTIC met en garde contre les répercussions sociales de ce modèle économique qu’il qualifie d’importation de chômage. En privilégiant systématiquement les produits étrangers, la Tunisie délaisse son propre secteur industriel, notamment le textile, qui disposait autrefois d’un réseau de production d’excellence. L’organisation préconise une décision politique ferme pour plafonner les marges bénéficiaires et encourager la production locale afin de combler le vide laissé par les importations massives.