La Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) examine une modification du statut de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Et ce afin de permettre à l’État de mobiliser davantage de ressources financières et de réduire le coût de son endettement.
Réunie mercredi 7 avril 2026, la commission a auditionné les initiateurs des propositions de loi n°06/2023 et n°70/2024 visant à amender la loi n°35 de 2016 relative au statut de la BCT. Le texte propose notamment d’élargir le rôle de la Banque centrale pour qu’elle soutienne davantage la politique économique du gouvernement.
Selon les promoteurs des dites propositions, cette réforme intervient dans un contexte économique difficile, marqué par une forte pression sur les finances publiques, une hausse des besoins de financement de l’économie et un renchérissement de l’endettement extérieur. Alors que les déséquilibres de la balance des paiements persistent.
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Ils estiment que la loi actuelle a montré ses limites, en particulier en raison d’un manque de coordination entre la politique monétaire et la politique économique de l’État. Ce qui complique la mobilisation de financements internes à un coût raisonnable.
La réforme envisagée vise ainsi à redéfinir les missions de la Banque centrale. Outre la stabilité des prix, la BCT serait appelée à contribuer au soutien de la croissance et de l’emploi, tout en veillant à la stabilité du taux de change et à la solidité du système financier.
Le texte prévoit également de renforcer la coordination entre la politique monétaire et la politique budgétaire afin de réduire le coût du financement du budget et de contenir l’endettement public.
Parmi les nouveaux mécanismes proposés figure la possibilité d’utiliser des obligations d’État pour refinancer les banques, ainsi que l’achat par la Banque centrale d’une partie de la dette publique afin d’en diminuer le coût.
Les auteurs du projet rappellent que les besoins de financement de l’État pour 2026 sont estimés à 27 milliards de dinars. Tandis que le service de la dette dépasse 23 milliards de dinars et que l’endettement approche les 80 % du PIB.
Plusieurs députés ont toutefois exprimé des réserves, s’inquiétant des effets potentiels néfastes de ces mesures sur l’inflation et sur l’indépendance de la Banque centrale. Ils ont également souligné que la situation financière du pays nécessite des réformes structurelles plus larges.
À l’issue de la séance, la commission a décidé de solliciter l’avis de la Banque centrale de Tunisie avant de poursuivre l’examen du texte.