La confrontation entre Washington et Téhéran s’intensifie dangereusement. L’Iran a rejeté lundi 6 avril au soir toute proposition de cessez-le-feu temporaire, réclamant une fin définitive du conflit. Tandis que le président américain Donald Trump a menacé d’« anéantir » le pays en cas d’échec des négociations avant l’ultimatum fixé à mardi soir.
Selon l’agence officielle iranienne (IRAN), Téhéran a répondu à une initiative américaine transmise par le Pakistan en tant que médiateur, en rejetant toute trêve provisoire au profit d’un règlement global et durable. La proposition iranienne s’articule autour de dix conditions, incluant la fin des hostilités régionales, la levée des sanctions, un passage sécurisé dans le détroit d’Ormuz et un programme de reconstruction.
Face à cette fin de non-recevoir, Donald Trump a durci le ton. Il a réaffirmé que son ultimatum (exigeant la réouverture du détroit d’Ormuz, artère stratégique de l’approvisionnement énergétique mondial) restait « définitif ». À défaut d’accord, il a menacé de lancer des frappes massives contre les infrastructures iraniennes.
Lors d’une conférence de presse tenue lundi 6 avril vers 19 heures (heure de Tunis), Trump a déclaré que l’Iran pourrait être « neutralisé en une nuit », évoquant explicitement la destruction de ponts et de centrales électriques. « Tous les ponts seront détruits » et « toutes les centrales seront hors service », a-t-il affirmé…
Escalade verbale et mobilisation en Iran
À Téhéran, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le haut commandement militaire iranien a qualifié ces propos de « délirants » et dénoncé une « rhétorique arrogante », rapporte la télévision d’État par son porte-parole.
Dans un geste symbolique, le vice-ministre des Sports, Alireza Rahimi, a appelé la population à former des chaînes humaines autour des infrastructures énergétiques, afin de dénoncer toute attaque visant des installations civiles.
Des experts indépendants abondent dans ce sens, rappelant que cibler des infrastructures civiles comme des centrales électriques ou des ponts pourrait constituer une violation grave du droit international humanitaire.
Enjeu énergétique et pression maximale
Au cœur de l’impasse diplomatique se trouve le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour une part essentielle du pétrole mondial. Sa fermeture partielle continue d’alimenter les tensions sur les marchés énergétiques et renforce la pression internationale pour un règlement rapide.
Malgré l’escalade, Donald Trump maintient une ligne mêlant menace et contrainte, affirmant que la population iranienne serait prête à supporter ces actions « pour obtenir la liberté ». À mesure que l’échéance approche, la perspective de mise en exécution des menaces fait planer le risque d’un embrasement régional aux conséquences économiques et humaines majeures.