Comment se construit la science aujourd’hui ? Et quels nouveaux modes de collaboration peuvent stimuler l’innovation et la créativité scientifiques ? C’est ce qui ressort de la rencontre-débat du cycle de conférences « Science et Société », organisé par le Centre de recherche collaborative et d’innovation (CRCI) de l’Université Centrale Group, visant à présenter l’ouvrage La science autrement : les sociabilités créatives de l’École-laboratoire des Houches. L’événement s’est tenu mardi 31 mars 2026, en présence du Pr Armand Hatchuel, professeur émérite à Mines Paris-PSL Université et membre de l’Académie des technologies. La discussion a été animée par Khaled Abdeljaoued et Youssef Ben Othman.
Rencontrée à l’issue de l’événement, Houbeb Ajmi, directrice générale d’Université Centrale, a souligné que l’annonce de la création du CRCI n’était pas un choix impulsif, mais le fruit d’une réflexion stratégique face à une situation qui s’impose d’elle-même. “En réalité, nous avons créé le Centre de recherche collaborative et d’innovation (CRCI), dont la mission est d’être un catalyseur pour la production de science en Tunisie”, a-t-elle déclaré.
Chez les entreprises, “nous atteignons nos limites ; du côté des universitaires, les publications foisonnent sans valorisation ni impact concret des résultats. Ce sont des éléments d’un écosystème dispersé. Le CRCI vise donc à les fédérer pour contribuer à un pacte transformateur des entreprises, de l’économie et de la société tunisienne”, a-t-elle poursuivi.
Ses axes de travail, transition numérique, transition écologique, RSE, santé et recherche clinique, gouvernance et ressources humaines sont essentiels pour la Tunisie de demain. Au-delà des projets de recherche, le centre organisera des rencontres pour stimuler les acteurs, les nourrir intellectuellement et booster la créativité collective. Comme l’a souligné Houbeb Ajmi : “Nous manquons d’occasions en Tunisie pour des débats qui sortent du quotidien, pour explorer l’inconnu du monde de demain, non pas avec fierté, mais en toute connaissance de cause, comme l’évoquait Armand”.
Et de conclure : “C’est indispensable pour affronter cet inconnu et trouver des alternatives. Nous prévoyons des rencontres de haut niveau tous les deux mois d’ici la fin de l’année, avec un calendrier déjà établi, et un autre pour l’année prochaine”.