Dans un Moyen-Orient marqué par des tensions croissantes, l’eau s’impose désormais comme un enjeu stratégique central, au même titre que les ressources énergétiques. Dans cette région extrêmement aride du Golfe, plusieurs personnes dépendent quasi entièrement de centaines d’usines de dessalement pour assurer leur approvisionnement en eau potable.
Ces infrastructures, vitales pour près de 61 millions d’habitants, sont aujourd’hui directement exposées aux conflits. Lundi 30 mars 2026, une usine de dessalement au Koweït a été ciblée par une attaque de drone, faisant un mort. Accusé d’être à l’origine de cette frappe, l’Iran a toutefois rejeté toute responsabilité, pointant du doigt Israël.
Cet épisode s’inscrit dans une escalade préoccupante. Depuis le début des hostilités, au moins quatre installations de dessalement ont été visées, notamment en Iran, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et au Koweït. Or, ces sites constituent des infrastructures civiles essentielles, dont la destruction ou la mise hors service peut provoquer des pénuries d’eau à grande échelle.
Au-delà de l’impact humanitaire immédiat, ces attaques soulignent une mutation des stratégies militaires : l’eau devient une arme. En ciblant des installations hydrauliques, les belligérants fragilisent non seulement les populations, mais aussi l’ensemble des économies nationales dépendantes de cette ressource pour l’industrie, l’agriculture et les services.
Ces frappes contre des infrastructures civiles pourraient, par ailleurs, être qualifiées de crimes de guerre au regard du droit international humanitaire…
Ainsi, la « guerre de l’eau » au Moyen-Orient n’est plus une simple hypothèse : elle est désormais une réalité tangible, aux conséquences potentiellement durables pour la stabilité régionale.