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Leconomiste Maghrebin > Blog > Idées > Chroniques > Pourquoi le métal jaune plonge, alors que la guerre fait rage?
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Pourquoi le métal jaune plonge, alors que la guerre fait rage?

Béchir Lakani
2026/03/28 at 11:49 AM
par Béchir Lakani 6 Min Lecture
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Métal jaune
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ANALYSE. Vendu massivement par des pays qui ont besoin de billets verts pour s’approvisionner en pétrole dont les prix flambent à cause de la fermeture du détroit d’Ormuz, le métal jaune ne joue plus son rôle de valeur refuge en période de crise.

 

Contents
ANALYSE. Vendu massivement par des pays qui ont besoin de billets verts pour s’approvisionner en pétrole dont les prix flambent à cause de la fermeture du détroit d’Ormuz, le métal jaune ne joue plus son rôle de valeur refuge en période de crise.Ruée vers l’orSoubresautsMouvement de bascule

C’est un paradoxe, mais seulement en apparence. Contre toute attente, la guerre au Moyen-Orient ne l’a pas propulsé vers de nouveaux sommets. Bien au contraire, l’or, traditionnellement perçu comme valeur refuge contre les soubresauts géopolitiques, a décroché brutalement, effaçant en quelques séances une large part de ses gains accumulés depuis le 28 février, date du début des frappes coordonnées des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.

Ainsi, l’or aura enchaîné sept séances de baisse. Jeudi 26 mars, l’once a chuté de plus de 6 % pour s’établir à 4 500 dollars. Depuis son dernier pic, atteint juste après le début de l’intervention militaire des États-Unis et d’Israël, le métal jaune a cédé 17 %.

Même tendance pour l’argent, qui a perdu plus de 13 % jeudi, à 65,5 dollars. Depuis le début du mois, le recul du métal gris s’élève à 30 %.

Ruée vers l’or

Faut-il rappeler qu’en raison de la montée des tensions au Moyen-Orient, les investisseurs se sont rués vers l’or, propulsant l’once au-delà des 5 400 dollars, flirtant même avec des records historiques. Mais cette courbe vertigineuse n’a été que de courte durée. Très vite, la mécanique s’est inversée et ce métal précieux a entamé une chute rapide, entraînant dans son sillage l’argent, bien plus durement encore.

Soubresauts

Dès lors, comment expliquer les brusques soubresauts des métaux précieux, alors même que le conflit au Moyen-Orient, initialement présenté par l’administration américaine comme une simple formalité, s’enlise et risque désormais de se transformer en une guerre régionale à l’issue incertaine ?

Primo, la raison tient à un besoin urgent de liquidités. La guerre ayant fait exploser les prix des hydrocarbures, notamment en raison des menaces sur le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce énergétique mondial. Résultat : États et investisseurs se sont lancés dans une course effrénée au billet vert. Or, pour s’en procurer, ils ont massivement liquidé leurs avoirs en or et en argent. Ainsi, en quelques séances, le métal jaune est passé du statut de refuge à celui de réserve de cash. Situation de crise oblige.

« Compte tenu de l’ampleur de sa hausse avant le conflit, explique un courtier spécialisé dans le trading de produits financiers, le métal précieux a en effet frôlé fin janvier 5 600 dollars l’once, un record historique. En liquidant l’or et l’argent, les investisseurs ont pu récupérer des dollars, la devise dans laquelle s’échangent les hydrocarbures comme le pétrole, dont les cours ont explosé avec le blocage du détroit d’Ormuz et les frappes sur les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient ».

Et de prédire : « Après des années de constitution de stocks, on s’attend à ce que les pays du Moyen-Orient, en particulier, se débarrassent d’une grande partie de leurs réserves d’or, alors que leurs revenus provenant de l’énergie s’écroulent ».

Ajoutons à cette frénésie vers le métal jaune les turbulences ayant impacté les liaisons aériennes entre les grandes places de négoce, notamment entre Londres, Dubaï et l’Asie ; sachant que le Moyen-Orient, avec 270 tonnes d’or achetées l’an dernier par des particuliers (bijoux, barres, pièces), représentait près de 10% de la demande privée mondiale, et que Dubaï est la plaque tournante essentielle pour l’acheminement de l’or vers l’Asie et notamment l’Inde.

Secundo, sur le plus long terme, la crainte d’une inflation dopée par la flambée du prix des hydrocarbures devrait contraindre la Réserve fédérale américaine, tout comme d’autres grandes banques centrales, à relever ses taux d’intérêt. De telles hausses feraient du dollar et des obligations d’État américaines des valeurs refuges plus attractives que les métaux précieux. « L’or ne rapporte aucun rendement et est donc moins intéressant », là « où les liquidités pourraient bientôt offrir des retours plus élevés », explique Russ Mould, analyste chez AJ Bell.

Mouvement de bascule

Tertio, le retour en force du dollar. Boosté par la flambée des prix de l’énergie et son statut de valeur refuge ultime, le billet vert s’apprécie fortement et impacte, dans un mouvement de bascule, l’or, dont le prix évolue à l’inverse de la devise américaine. Plus le dollar grimpe, plus l’or devient cher pour les investisseurs étrangers et, par conséquent, moins attractif.

À noter enfin que la chute des cours de l’argent suit une logique parallèle mais spécifique. Métal clé pour les panneaux solaires, les véhicules électriques ou encore les centres de données nécessaires au secteur de l’intelligence artificielle, il est étroitement lié à la conjoncture économique. Or, la guerre au Moyen-Orient fait planer la menace d’un ralentissement de la croissance mondiale, d’où une baisse prévisible de la demande industrielle et un prix sous pression.

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MARQUÉE: Billet vert, Dollar, metal jaune, Or, prix
Béchir Lakani 28 mars 2026
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