Les eurodéputés ont approuvé jeudi un durcissement des sanctions contre les migrants irréguliers. Cela ouvre la porte à leur transfert vers des « centres de retour » installés en dehors de l’Union européenne. C’est ce que rapporte les différents médias occidentaux.
Critiquées par les défenseurs des droits humains, ces dispositions s’inscrivent dans une vague de resserrement législatif. Et ce, en réponse aux pressions pour freiner les arrivées des migrants irréguliers dans les 27 pays de l’UE.
Ce feu vert lance des négociations pour un texte final. Ainsi, la réforme autorise l’ouverture de centres de réadmission hors UE pour les demandeurs d’asile déboutés. De même qu’elle impose des peines plus lourdes de détention et l’interdiction d’entrée aux réfractaires au départ.
Les divisions persistent : la France et l’Espagne doutent de leur efficacité; tandis que l’International Rescue Committee (IRC) les qualifie de « failles juridiques insurmontables ». » Hors du territoire européen, rien ne garantit le respect des droits humains », alerte Marta Welander de l’ONG.
Pourtant, le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas explorent déjà des options, selon une source diplomatique. Les partisans de ces mesures y voient un frein aux traversées irrégulières. Les opposants rappellent les échecs passés : le plan britannique vers le Rwanda abandonné; ou les centres italiens en Albanie freinés par des blocages juridiques et un faible recours.
Proposé par la Commission en décembre 2025, ce paquet a reçu l’aval des États membres. Les pourparlers porteront sur les pouvoirs d’inspection des forces de l’ordre.
70 ONG avaient mis en garde en février contre une dérive vers un modèle « à l’américaine », comparable aux pratiques répressives de l’ICE sous Donald Trump.
Face au durcissement de l’opinion publique boostant l’extrême droite aux élections, les gouvernements européens serrent la vis; malgré une baisse des arrivées en 2025. Bruxelles vise désormais à booster les retours effectifs : seuls 20% des ordonnances de quitter le territoire sont exécutées aujourd’hui.